100
276.
Frédéric MISTRAL
. Manuscrit autographe,
La Miolo dóu Papo
, [1870] ; 8 pages petit in-fol. avec qqs ratures et
corrections ; en provençal.
1 000/1 200
Traduction en provençal du célèbre conte d’Alphonse Daudet
L
A
M
ULE DU
P
APE
(des
Lettres de mon moulin
).
Mistral signe le manuscrit « Anfos Daudet », et note dans le coin supérieur gauche de la première page « Succès pour l’Armana ».
Cette traduction a été en effet publiée dans l’
Armana Prouvençau
de 1870. En place du court avertissement de Daudet qui ouvre
la nouvelle originale, Mistral en extrait ce « prouverb » qu’il met en exergue : «
A dóu mau de la miolo dóu Papo : gards sèt an un
cop de pèd
» [« Il a le mal de la mule du Pape : il garde sept ans un coup de pied »]... De même il n’a pas traduit les toutes dernières
lignes : « Les coups de pied de mule ne sont pas aussi foudroyants d’ordinaire ; mais celle-ci était une mule papale ; et puis, pensez
donc ! elle le lui gardait depuis sept ans… Il n’y a pas de plus bel exemple de rancune ecclésiastique »). Mistral nomme ici le Pape
« Innocent » (« Boniface » chez Daudet) ; on relève quelques autres variantes mineures.
Reproduit page 97
277.
Frédéric MISTRAL
. 2 manuscrits autographes, signés de pseudonymes, 1870 ; 12 pages in-8 ou in-4 ; en
provençal.
1 000/1 200
Pour l’
A
RMANA
P
ROVENÇAU
de 1871.
Crounico felibrenco
, signée « Guy de Mount-Pavoun » et datée de Décembre 1870 (7 pages et demie). Chronique ouvrant
l’
Armana
, en 6 parties. Mistral consacre toute la première partie à la guerre, au mauvais gouvernement qui a entraîné
l’écrasement de la France, et il lance un appel à une confédération latine, qui contrebalancerait l’influence néfaste de nos
ennemis Russes et Germains. Puis il parle des nouvelles félibréennes : le rameau d’olivier d’argent de l’Académie de Béziers
remis au félibre Jean Monné ; il passe en revue diverses publications, notamment des études philologiques, etc.
Li tres pèd
, signé « Lou Cascarelet » (4 p.), petit texte en prose mettant en scène Jan-Sausso et sa femme…Malgré une indication
typographique, il n’a pas été publié dans l’
Armana
de 1871 et semble être resté inédit. À la suite, « un epigramo de J. B. Coyo ».
On joint 2 manuscrits a.s. pour le même
Armana
, annotés et corrigés par Mistral :
La reino di flour,
fable d’Augustin
Boudin, et
Memori d’un pintre barrulaire,
par Joseph-Bonaventure Laurens (annoté « C’est charmant » par Mistral, qui y a
porté de nombreuses corrections).
278.
Frédéric MISTRAL
. 7 manuscrits autographes, signés de pseudonymes, 1871 et s.d. ; 20 pages formats divers ;
en provençal.
2 000/2 500
Chronique et proses pour l’
A
RMANA
P
ROUVENÇAU
de 1872.
Crounico felibrenco
, signé « Gui de Mount-Pavoun », octobre 1871 (10 p.). Chronique du félibrige, évoquant des éditions
et des rééditions en provençal ou français (dont
Les Derniers Troubadours de la Provence
de son ami Paul Meyer), la mort de
l’avocat et auteur Louis-Bernard Royer, et le ministère espagnol de leur confrère, anciennement exilé, Victor Balaguer.
Proses signées « Lou Cascarelet » :
La mita de tres
;
Lou Drapèu de la Moubilo
, plaisant récit à propos de la Garde mobile ;
La galino esplumassado
;
Li niero e lou reinard
, fable sur la puce et le renard ;
La cresto de gau
(la crête du coq) ;
La fèbre dóu
loup
(3 p.), consultation d’un médecin par un loup.
Plus 3 autres manuscrits autographes par Mistral de transcriptions :
Li dos galino
, signé « Lou Cascarelet » (4 p., d’après
un manuscrit joint signé G.A. [Gabriel Azaïs ?]) ;
La Pauro
, chanson d’A.B. Crousillat » ;
Li dos pèiro, fablo
, de Léon Alègre.
On joint 7 manuscrits autographes de Joseph Roumanille (6 signés « Lou Cascarelet ») :
Brinde au grand Sant Marc de
Vilo-novo Patroun dou Vignarés
(poème non signé de 7 strophes, très corrigé), et 6 textes humoristiques, en prose :
La mulauto
,
Lis innoucènt
,
La véuso
,
Lou chin
(le chien), etc. Plus 11 manuscrits autographes signés de divers auteurs (la plupart annotés
et/ou corrigés par Mistral ou Roumanille) : Paul Arène (3 poèmes :
Li Porto d’or
;
Lou soulèu es-ti blound ?
, précédé d’une
lettre d’envoi à Mistral ;
À moun ami Balufe
), Albert Arnavielle (poème
À Mistral
, corrigé par le dédicataire en
Au capoulié
),
Malachie Frizet (poème
Remembranço
), Jean-Baptiste Gaut (
Lei Vendùmi
, long poème non signé), Joseph-Bonaventure
Laurens (
La Casso e li Cassaire de Carpentras
, prose sur la chasse, suivie d’une l.a.s. à Roumanille, Anfos Michel (
Lis Enfant
de Prouvènço
poème recopié par Roumanille), Jan Monné (
Elo
, corrigé par Roumanille en
La Muso
), Georges Saint-René
Taillandier (poème
L’Oulivié
), Anfos Tavan (poème
Moun amigo
).
279.
Frédéric MISTRAL
. 4 L.A.S. ou notes autographes, 1872 et s.d., à Joseph Roumanille ; 10 pages in-8 ou in-12.
500/600
Préparation de l’
A
RMANA
P
ROUVENÇAU
. Il conseille de mettre la poésie en retrait. Pour la prose, il souhaite accorder, comme
l’an passé, 37 pages au
Cascarelet
, 3 au
Mortuorum
, 8 pour la
Crounico
, 12 pages pour le calendrier et 28 pages pour Pétrarque,
ce qui en laisse 24 pour la poésie : « Pour la poésie, cette année, je supprimerais hardiment tous ceux qui sont liés au Félibrige
et n’ont plus besoin d’encouragements, tels que Tavan, Girard, Gleizes d’Arles et de Beaucaire, etc. » La poésie n’est pas bonne
pour les ventes : c’est la partie la moins lue, « la plus ennuyeuse de notre livre. C’est pour cela que les journaux n’en impriment
jamais. Il ne faut pas oublier que 50.000 âmes sont accourues aux fêtes de Pétrarque [...] ces gens-là liront le compte-rendu
avec plaisir. [...]
L’Armana
est notre Moniteur
: il doit consigner les grands faits et les discours de Gras et d’Aubanel sont des
actes
félibres, très accentués, très favorables à notre propagande. Si tu ne te rends pas à toutes ces raisons, et si tu préfères
imprimer des tartines comme celles du curé Arben, d’Arneville, de Bourelly, Théobald, du Niçard, de Monné, de Girard, à
notre prose claire, brillante et substantielle, va, coupe, tranche à ta guise [...] je ne m’en charge pas », mais il veut bien écrire
une lettre d’excuse aux refusés ; il attend les épreuves... – Il envoie encore « quelques carelettes » et prie Roumanille d’aller au
musée recopier dans la
Bio-bibliographie vauclusienne
de Barjavel « l’histoire de
Bertrand d’At
que j’arrangerai si tu veux en
provençal ». Il demande tout de suite une épreuve spéciale des pièces corrigées, et prévient que le choléra « n’est pas encore à
Maillane, mais il s’approche. Dieu sauve les Félibres ! »... – Notes, recommandations ou instructions diverses....




