Background Image
Previous Page  29 / 83 Next Page
Information
Show Menu
Previous Page 29 / 83 Next Page
Page Background

près de moi dans ma chambre depuis le 22 juillet dernier jusqu’au 19 août courant…

» [Pasteur protestant

(calviniste) respecté, secrétaire du Synode provincial du Haut-Languedoc, pasteur à Castres. Sous

l'Ancien Régime, il fut dans l'obligation de se cacher sous un faux nom, il choisit celui de Lasource et le

garda pendant la Révolution. Élu député à l’Assemblée législative en 1791 et à la Convention nationale

en 1792 par le département du Tarn, il en fut président du 18 avril au 2 mai 1793. Opposant à

Robespierre, il est arrêté le 2 juin 1793 avec les Girondins et emprisonné à la prison du Luxembourg

(ancien palais). Traduit devant le Tribunal révolutionnaire du 3 au 9 brumaire an II (24-30 octobre 1793),

il est condamné à mort et guillotiné le 10 brumaire an II (31 octobre 1793). Sur l'échafaud, il s'écrie : « Je

meurs le jour où le peuple a perdu la raison ; vous mourrez le jour où il l'aura recouvrée ».] -

L.A.S.

de

«

Lefèbre

», 20 frimaire [an III] (10 décembre 1794), avec marque postale «

N°9 LUXEMBOURG

», 3

pages in-8. Longue lettre dans laquelle l’auteur dénonce les délations « mensongères » et en appelle à la

vraie justice.

50-100

200

[

Révolution – Prisons parisiennes

] Prison de Saint Lazare, 4 pièces, 1794-1800.

L.A.S.

de Jean Antoine

ROUCHER

(1745-1794), 18 germinal an II (7 avril 1794), avec marque de

censure «

VU.ND

» en rouge [ND = Naudé était l’un des concierges de la prison Lazare]. Touchante

lettre écrite de la prison

Saint Lazare

à Paris, adressée à son épouse, dans laquelle il lui recommande des

conseils pour l’aider dans le suivi de l’éducation et de l’instruction de leurs enfants : «

Puisque tu veux

absolument ma bonne amie conduire toi-même tous les jours minette au cours de botanique, et qui par parenthèse n’est

nullement raisonnable vu l’état de fatigue journalière qu’exige la nourriture de tes prisonniers, ainsi que la tenue de la

maison, je garderai notre Émile avec moi…

» [Poète-écrivain et défenseur de la monarchie constitutionnelle

sous la Révolution. Son inimitié envers Robespierre, auquel il reproche ses excès, lui vaut d’être arrêté

sous la Terreur. Antoine Roucher est l'auteur d'une célèbre phrase passée à la postérité sous forme

résumée : « Robespierre, surnommé « l'incorruptible » par des gens qui ne le sont pas ». Il est emprisonné

à Sainte-Pélagie puis à Saint-Lazare. Interné avec André Chénier, tous deux sont victimes de la

répression contre une conspiration des prisons qui s'avère imaginaire. Transférés à la Conciergerie, ils

sont jugés pour « complot monarchiste », condamnés à mort et guillotinés le 7 thermidor an II. L'acte

d’accusation de Roucher, signé Fouquier-Tinville, indique : « aristocrate puant, salarié de la liste civile,

écrivain stipendié du tyran, mercenaire du parti autrichien, Président du club de la Sainte Chapelle,

conspirateur à la maison d’arrêt de Saint-Lazare, pour Roucher, « ennemi du peuple » : la mort. » Dans la

charrette qui emmène Chénier et Roucher vers la guillotine, ils échangent des vers tirés d’

Andromaque

:

« Oui, puisque je perds un ami si fidèle… »] -

L.A.S.

de Jean Eustache DELAVILLE, curé de

Courmenil, «

à la maison d’arrêt de Saint Lazare, corridor germinal n°6

», 2 messidor an II (20 juin 1794), «

au

citoyen Herman, commissaire des administrations civiles, place des Piques, cidevant place Vendôme

», avec marque de

censure «

VU.SEME

» en rouge [SEME = Sème était l’un des concierges de la prison Lazare]. 2 pages

in-8 : «

Citoyen commissaire, tu scais que tu m’as promis de faire le rapport de mon affaire au comité de Salut public le

plutost possible ; ne serait-il pas intéressant pour moy que je te fisse passer une note des réponses que j’ai à faire aux griefs

(…) contre moi par le comité de surveillance de Courmenil (…) Tu scais aussi que Bernart est un cidevant seigneur riche,

un ex lieutenant général de bailliage instruit des affaires, il a dans Paris bien du monde qui s’intéresse à lui contre moi ; je

n’ai de mon costé que la justice et la vérité, je ne te la dirai pas bien élégamment, car je n’en scais pas davantage, mais je te

la dirai ingénuement (…) Je remercie l’être suprême de t’avoir pour rapporteur, tu es juste et vrai montagnard, cela me

console, et me rassure entièrement, vive la liberté, vive l’égalité…

» -

L.A.S.

de Jean-Baptiste

DESPRES

(1752-

1832), écrivain librettiste, «

de Lazare le 19 thermidor

» (6 août 1794), ¾ page in-8 : «

Tout le monde sort

de Lazare, cher concitoyen, et j’ai tout autant de droits qu’un autre à la liberté. (…) Je ferais jouer un assés joli petit opéra

républicain si j’étais libre et je jouirais de ceux que j’ai faits en prison et qui réussissent…

» -

P.S.

par le concierge de

la «

maison de réclusion Lazare

», «

Feuille de mouvement du 2 vendémiaire an 9

(24 sept. 1800),

nombre de

détenues : 791…

», cachet encre noir «

Maison de détention des femmes

». [Dès la fin de la Terreur, la

prison Saint-Lazare est affectée aux femmes]

100-200

201

[

Révolution – Prisons parisiennes

] Prison de la Force, 3 pièces, 1794-1799.

Intéressante L.A.S.

du général Paul GUILLAUME (1744-1799) chef de brigade de l’armée de la

Moselle, «

à la maison de la Force

», 6 ventôse an II (24 février 1794), 1 page in-4 : «

citoyen représentant,

(…) si j’ai eu la lacheté de commettre quelques délis, je vous demande de me faire traduire au tribunal révolutionnaire, pour

y être jugé et puni, mais si je n’ai cessé de rendre des services signalés à la République depuis le commencement de la guerre,