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il n’est pas juste je reste plus longtemps dans les fers. Tu es trop juste et ton ame est trop élevée pour laisser gémir plus

longtemps dans les fers un brave sans-culotte qui peut rendre des services à sa patrie…

» [Promu général de brigade

provisoire dans l’armée de Moselle le 5 septembre 1793, il est blessé lors de la bataille de Pirmasens le 14

septembre 1793, au cours de laquelle les Français perdent le combat face aux troupes prussiennes et de

Brunswick. Il est envoyé à Paris le 26 septembre suivant pour faire son rapport sur cette défaite. Il est

arrêté le 6 octobre 1793 et destitué.] –

P.S.

par les membres du comité de sûreté générale, 14 messidor

an II (2 juillet 1794), 1 page in-fol., en-tête «

Convention Nationale, Comité de Sureté Générale et de Surveillance

de la Convention nationale

», cachet cire sous papier. Ordre d’arrestation et d’amener à la

prison de la

Force

, signé par les conventionnels Jacques-Philippe RÜHL, Moïse BAYLE, Elie LACOSTE et LOUIS

du BAS-RHIN. Signature au dos de «

BAULT

» concierge de la prison de la Force. –

P.S.

par le greffier

aux interrogatoires du « Premier Conseil de guerre permanent », 8 floréal an VII (27 avril 1799), adressée

«

au concierge de la maison d’arrêt de la Forc

e », cachet encre noir au verso «

N°I GRANDE

FORCE

».

La prison de La Force est un hôtel particulier qui fut transformé en maison de détention pour la ville de Paris entre 1780 et 1845.

La prison fut divisée en deux, la Grande Force pour les hommes et la Petite Force pour les femmes.

100-200

202

[

Révolution – Prisons parisiennes]

Maisons de santé transformées en prisons, 3 pièces, 1794.

Rare P.S.

« Belhomme » [Jacques Belhomme (1737-1824), directeur de la maison de santé], Paris, 15

novembre 1794, 1 page in-4, cachet encre noir

« N° 18 BEL-HOME R. CHAR

NE

» : «

Maison de

Santé de Belhomme

rue de Charonne n° 70. État nominatif des détenus comme suspects nouris à 2# 10s par jour.

Toustaint de Cresne

[Claude Alexandre de Toustain, marquis d’Ecrennes, 77 ans, ancien lieutenant général

de Louis XVI],

femme Pinthievre

[Marie-Louise-Adélaïde de Bourbon-Penthièvre, princesse de Penthièvre

(1753-1821), mère du futur Louis Philippe.] (…),

total - 5

»... –

P.A.S.

d’Eugène COIGNART, gardien de

la «

maison de santé Coignart

» « rue de Picpus n°6 », 12 octobre 1794, cachets cire rouge, ordonnant

la mise en liberté d’une détenue.

-

P.S.

par 6 membres du «

Comité de sûreté générale et de surveillance de la Convention nationale

», Paris, 7 août

1794, ordonnant la mise en liberté d’un détenu. Mention manuscrite au verso :

« reçu du citoyen Montprin

directeur de la

maison de santé rue Notre Dame des Champs

, reconnais avoir reçu le dénommé…

»,

cachet

encre noir « JD »

[JD = Jean Desnos, associé avec Montprin, tous deux directeurs de la maison de

santé]

Suite au vote de la loi des suspects en septembre 1793, les prisons de Paris sont bientôt bondées et l’État réquisitionne les

cliniques privées pourvues de barreaux, en commençant par la pension Belhomme, qui était un ensemble de bâtiments situé au

157-163 rue de Charonne, Paris 11e, d'abord utilisé à la fin du XVIIIe siècle comme maison de santé. Belhomme s’entend avec les

policiers pour se faire envoyer de riches prisonniers qui paieront une forte pension pour vivre cette épreuve aussi confortablement

que possible. Dès lors se bousculent chez lui, au milieu des fous, marquises, banquiers, journalistes, comédiennes célèbres, vieux

nobles, officiers, et une foule d’anonymes en disgrâce qui soudoient médecins et policiers pour s’y faire transférer sous prétexte de

maladie. Pour s’agrandir, Jacques Belhomme loue le bâtiment voisin, l’hôtel de Chabanais, confisqué par l’État suite au départ en

émigration du marquis de Chabanais. Belhomme finira par acheter cette maison pour investir l’argent gagné sous la Terreur. C’est

à la pension Belhomme que se rencontrent Marie-Adélaïde de Bourbon-Penthièvre, veuve du duc d’Orléans « Philippe Égalité », et

Jacques-Marie Rouzet, député de la Convention, qui se marieront en secret à leur sortie de prison.

A la même époque, à la fin de 1793, Eugène Coignart ouvrit aussi une maison de santé pour recevoir de riches "suspects," détenus

dans les différentes prisons de Paris, que l'on faisait passer pour malades, située non loin de la maison Belhomme qui l’avait

précédé.

Moyennant une pension exorbitante, la plupart de ces prisonniers privilégiés échappaient à la guillotine. Naturellement, des

intermédiaires rançonnaient ces détenus de luxe au prix fort et négociaient avec les autorités leur transfert dans ces maisons. La

corruption n'était pas le seul motif de cette activité : l'influence de membres du Comité de sûreté générale ou du Comité de salut

public, soucieux de protéger leurs amis prisonniers, s'exerçait également.

Les détenus les plus célèbres furent le marquis de Sade et Choderlos de Laclos, l'auteur des Liaisons dangereuses qui y résidèrent

ensemble du 27 mars au 15 octobre 1794.

La maison de santé Montprin fut également une prison de luxe permettant à quelques privilégiés assez fortunés pour se l’offrir de

se faire temporairement oublier tant que la Révolution battait son plein.

Montprin, un manufacturier ruiné « ayant perdu son état et sa fortune par cause des circonstances », eut l’idée d’ouvrir une

maison de sûreté pour se refaire. Il venait de s’associer à Desnos, homme louche. Ensemble, ils cherchaient l’immeuble adéquat,

mais ne trouvaient rien d’assez vaste, d’assez sûr, et surtout d’assez bon marché. Le policier Dangé leur conseilla, plutôt que de se

fatiguer à accomplir les démarches nécessaires à l’installation et à l’enregistrement d’un nouvel établissement, de reprendre tout

simplement celui de Belhomme, sur le point d’être réformé. Belhomme, à qui l’on demandait de brader l’œuvre de toute sa vie en

lui expliquant qu’il avait déjà un pied dans la fosse commune, s’indigna, feignit un malaise et les envoya paître. Dépités, les deux

hommes se rabattirent sur un couvent désaffecté de la rue Notre-Dame-des-Champs, du côté de la rue d'Assas. Les formalités

furent expédiées tambour battant. Ils obtinrent leur validation dès le 16 février 1794.

300-400