27
48.
Eugène LABICHE
.
M
anuscrit
autographe,
Rococo
, [vers 1850 ?] ; 227 pages petit in-4.
2 000/2 500
I
mportant
manuscrit
d
’
une
pièce
inédite
, féerie comique en 8 tableaux pour le théâtre du Palais-Royal, non représentée et restée
inédite, et qui préfigure
Le Roi dort
. Le rideau se lève trop vite, laissant seul en scène
R
avel
qui commente comiquement la pièce qui va
commencer : le Prince Purpurin, jeune prince hongrois chasseur, délivre des griffes d’un ours la jeune Térébentine, voyageuse française,
et en tombe amoureux ; mais survient furieux le père de Térébentine, M. de Beaucrétin, qui sépare les jeunes gens ; avant de disparaître,
l’ours remet une lettre à Purpurin : « c’est une commission de la part des puissances supérieures. Il a été choisi, vu son état d’innocence,
pour aller réveiller Rococo, le dernier des Génies, qui dort depuis deux cents ans, avec toute sa cour. Ce Rococo a été condamné à ce
roupillement prolongé pour avoir commis dans les temps quelques petits écarts […] Rococo protégera Purpurin et lui fera épouser la
Térébentine… qui est son essence »…
Le manuscrit, à l’encre brune sur des feuillets petit in-4, présente des ratures et corrections, des passages biffés, des additions dans
les marges, entièrement de la main de Labiche, avec quelques rares notes marginales d’Auguste
L
efranc
. Chaque tableau est paginé
séparément : Premier tableau (12 p.), le rideau se lève précipitamment sur le décor du palais de Rococo. Deuxième tableau (24 p.),
représentant le palais du génie Rococo ; Purpurin le réveille, ainsi que Séraphin et la fée Mignonette, femme de Rococo. Troisième
tableau (30 p.), chez M. de Beaucrétin, où intervient Bazarmuch, commis-voyageur qui vient « au secours des pères de famille dans
l’embarras », et Livercoq, riche et laid prétendant à la main de Térébentine. Quatrième tableau (32 p.), dans un salon de coiffure,
avec le courtier en bourse Bar-du-Bec et les coiffeurs Victor et Antonin. Cinquième tableau (41 p.), chez Bazarmuch, qui s’achève par
l’arrestation de Rococo. Sixième tableau (32 p.), « La Prison modèle » où sont enfermés Purpurin, Rococo et Bar-du-Bec, servis plutôt
que gardés par le geôlier Réséda, et dont Bazarmuch est l’inspecteur ; Rococo et Purpurin s’échappent en ballon. Septième tableau
(32 p.), à Douvres en Angleterre, où se pose le ballon. Huitième ballon (24 p.), « un terrain nu dans un faubourg de Paris », où arrivent
nos voyageurs, et où Rococo fait apparaître une mairie et une église pour que se célèbre le mariage…
O
n
joint
un manuscrit
de
copiste
en 8 cahiers, avec quelques annotations et corrections autographes de Labiche.
Reproduction page 25
49.
Eugène LABICHE
. 2 L.A. (brouillons), 1851-1866, à ses éditeurs
B
eck
et
D
entu
; 1 page in-8 chaque (2 lettres jointes).
200/250
L
abiche
et
ses
éditeurs
.
[Avril 1851]
. Il répond à la lettre du 11 avril de
B
eck
(L.A.S. jointe), et lui demande d’envoyer le manuscrit
[de
Mam’zelle fait ses dents
] à l’imprimeur, malgré l’offre qu’avait faite Dagneau aux auteurs : « probablement nous trouvons l’affaire
meilleure en la fesant pour notre compte. Nous sommes seuls juges de l’opération. Si nous nous trompons votre
responsabilité morale
se
trouve tout à fait à couvert. L’affaire sera bonne ou mauvaise, nous voulons en courir le risque »... –
20 août 1866
, à Édouard
D
entu
:
il lui avait dit qu’il ne le quitterait « que si les auteurs fondaient eux-mêmes une librairie dramatique. Il y a là une question d’esprit
d’association que vous comprendrez parfaitement. Cette librairie est fondée, elle fonctionne, il m’est impossible de ne pas y suivre mes
confrères ». Il lui adresse un fauteuil pour la première de sa pièce [
Un pied dans le crime
] au Palais-Royal le lendemain… On joint la
réponse de Dentu (L.A.S, 21 août, enveloppe) le remerciant de sa « délicate intention »…
50.
Eugène LABICHE
.
M
anuscrit
autographe,
L’article 4
, [1852] ; 39 pages petit in-4, avec au verso un manuscrit autographe
par Amédée
A
chard
(qqs ff. un peu effrangés et réparés).
1 200/1 500
M
anuscrit
inédit
d’un vaudeville en un acte, première version d’une pièce créée sous le titre
La Société du Minotaure
au théâtre du
Palais-Royal le 29 mars 1852, sous la signature de Louis
D
ubruel
, pseudonyme d’Amédée
A
chard
(1814-1875).
C
ette
collaboration
est
restée
inconnue
, et la pièce n’a pas été publiée ; il en existe une copie à la Bibliothèque de l’Institut, dans la collection Lovenjoul (D 638).
Le pseudonyme de Dubruel « cache une des plumes les plus charmantes, les plus gaies, les plus mordantes de ce temps-ci »
(Ch. Matharel,
Le Siècle
, 5 avril 1852), « une des plus fines plumes de la presse », selon Théophile Gautier qui rend compte de la pièce
dans son feuilleton de
La Presse
du 6 avril 1852 : « Ce minotaure tout moderne a pour la première fois rugi dans la
Physiologie du
mariage
: c’est Balzac qui l’a créé pour la terreur grande des maris. Les lunes de miel blêmissent à son approche. Il se nomme Oscar, […]
nom terrible et vainqueur, devant lequel tremblent deux anciens mauvais sujets, Léopardin et Dardouillet, affiliés jadis à une société
secrète de célibataires. Oscar arrive, tenant suspendu en épée de Damoclès, sur la tête de Dardouillet, un sinistre article d’un code
de garçon […] Quand un sociétaire a commis l’imprudence de se marier, l’article 4 députe un sociétaire pour entrer en tiers dans son
ménage. Il corrompt les portiers, il envoie des billets de garde, il pénètre par les murailles. Oscar pourchasse si durement le Dardouillet
que celui-ci, pour se débarrasser de ce tiers attaché à son ménage, lui donne la main de sa fille. Oscar est le dernier de la société. Maris,
dormez tranquilles, le minotaure s’est dévoré lui-même. Grassot ahuri et Sainville perplexe, l’un avec ses tics télégraphiques, l’autre avec
sa bonne grosse candeur, guimbadent à travers ce joyeux labyrinthe de quiproquos amusants et de terreurs secrètes ».
Le manuscrit de Labiche, intitulé
L’article 4
, est le scénario complet et détaillé en 16 scènes, avec de nombreux dialogues rédigés.
Le « minotaure » se nomme « Jules Servière » ; les acteurs prévus sont Grassot, Hyacinthe et Luguet (et Mlle Juliette dans le rôle
d’Eugénie), biffés ensuite et remplacés d’une autre main par Sainville, Tousez et Derval (ce seront Sainville, Grassot et Derval qui
créeront la pièce). Le manuscrit, paginé, présente quelques ratures et corrections. Au dos, Amédée Achard a rédigé le brouillon d’une
première version de sa pièce, sous le titre
Le Minotaure
(la fin manque, après le début de la scène 14).
On joint la chemise avec titre autographe par Labiche,
L’article 4
(salie et fendue).
Reproduction page 29
Eugène Labiche




