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59. HANOTAUX
(Gabriel). Lettre et carte autographes signées à Élie Faure. 1930 et 1932.
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Beaux compliments de l’historien académicien, ancien diplomate et ministre : «
... J’ai déjà à moitié dévoré
le Gobineau.
Je le lis, le relis, l’annote, me dispute avec vous, me remets, et finalement m’incline. Vous avez toujours raison.
Quelle puissance, quelle science, quelle conscience ! Droiture intellectuelle dans la force. je voudrais vous revoir bientôt
pour vous dire mon émotion...
Le
Rubens
arrive à temps pour que je le cite dans l’étude que je prépare sur la
Belgique.
J’insiste un peu plus que vous sur le
diplomate manqué
, mais il faut bien que nous, les diplomates retirés,
nous nous vengions sur le magnifique grand homme qui s’est vengé à coups de chefs-d’œuvre...
» (Paris,
30
octobre
1930
). Élie Faure avait consacré plusieurs articles à l’œuvre de Gobineau, et les réunit en
1929
dans un recueil intitulé
Les Trois gouttes de sang.
Il considérait que l’histoire était comme un long métissage, et que l’Art véritable ne pouvait
procéder que de ce métissage. Il avait par ailleurs publié en
1926
-
1927
une édition des écrits de Rubens avec préface
personnelle.
« Parce que je suis malade... j’admire les désordres sacrés de l’art
et les dépenses exagérées de vie et toutes les sortes d’amours religieux et autres... »
60. HERVIEU
(Louise). 25 missives (24 autographes signées et 1 autographe), soit 24 lettres et une carte, adressées
à Élie Faure. 1921-1937 et s.d. Fentes à quelques pliures, quelques lettres avec petits manques portant atteinte au
texte.
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Poignante correspondance de ce peintre et écrivain dont les souffrances physiques irradient l’art, évoquant
ses illustrations de Baudelaire, ses expositions, et son « roman de l’hérédité »,
Sangs
– Louise Hervieux,
affectée de multiples maux héréditaires, publia cette œuvre autobiographique en
1936
et fut ensuite à l’origine de
l’instauration du carnet de santé en France.
Boulogne,
7
mars
1922
: «
... Parce que je suis malade, retirée, économe et ménagère,
j’admire les désordres sacrés de
l’art et les dépenses exagérées de vie et toutes les sortes d’amours religieux et autres.
Il n’y a que les pauvres pour
parler richesses...
» — Boulogne,
22
mars
1922
: «
... Je me dis que les œuvres qui ne correspondent pas aux nécessités
du temps du régime et qui ne ressemblent ni à l’homme ni à ses passions sont inutiles et dangereuses. Il y en a tant
qui pèchent par excès d’intelligence là où il faut de la science, de la patience et du cœur...
» — Boulogne,
28
mai
1922
:
«
Vous voudrez bien seulement me laisser jusqu’à mon expo.
l’étude que j’avais faite, pas trop malproprement, des
“
Bijoux
”
[de Baudelaire]
de votre album.
Elle est à vous, mais, avec votre permission, je ne vous la porterai qu’au
moment de cette expo. qui viendra toujours trop vite ! Elle devait avoir lieu en ce moment, mais elle a été retardée, à
cause de ce que
Daragnès n’aura parachevé l’édition de “
Spleen
” que pour la rentrée
. Je peux bien le dire, car mes
dessins y sont pour peu de choses ! Mais Daragnès a fait avec eux des illustrations en hélio. que je trouve bien
belles...
» L’édition du
Spleen de Paris
de Baudelaire illustrée de cuivres d’après les dessins de Louise Hervieu paraîtrait
en
1922
aux éditions de la Banderole dont le graveur Gabriel Daragnès dirigeait alors les tirages d’estampes
.
—
Boulogne,
31
janvier
1933
: «
... Comment ne pas te rappeler ta bonté envers moi, ton assistance dans mes hôpitaux !
Te le rappeler avec tous les vœux d’un cœur et d’une mémoire à jamais fidèles. Ton souvenir, et malgré que tu veuilles
t’en défendre, la grâce de ton indulgence, éclairent ma douloureuse retraite... J’ai envoyé au Grand Palais ce que j’ai
fait de plus conséquent : un monumental “
Éventail moucheté
”, et une
Venezia
qui est aux dires des camarades mon
dessin le plus “riche”. Cette richesse des malheureux, ce festin de leurs rêves et leurs pauvres désirs jamais
exaucés...
»
—
S.l.,
23
janvier
1936
: «
...
De déroute en déroute, j’ai cependant mené aux deux tiers ce roman de
l’héréd
[it]
é
[
Sangs
]
... dont je t’avais bien sûr parlé car il centre mes pensées... Nous sommes des déchus, nous autres
les incurables !... Notre Fénéon qui en a corrigé le premier volume a dit que c’était une immense entreprise... et Claude
Roger-Marx
se dit bouleversé
[l’écrivain critique et marchand d’art Félix Fénéon, et le critique et historien d’art Claude
Roger-Marx]
. Il soutient de son pouvoir amical ta pauvre Louise...
»
Joint
,
2
lettres autographes signées de Louise Hervieu à la veuve d’Élie Faure, pour lui présenter ses condoléances
(
10
novembre
1937
), et pour la remercier de l’envoi d’un portrait de celui-ci (
24
décembre
1937
), et un reçu pour un
chèque d’Élie Faure (
25
mars
1922
).
On joint une page manuscrite
Le Crime
et un tapuscrit de 60 pages environ
Conjuration
.
« Pour penser à nottre course de toros... »
61. ITURRINO
(Francisco). 3 lettres autographes signées. 1912-1922.
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Peintre espagnol proche de l’avant-garde française, Francisco Iturrino
fut formé en Belgique mais vint
fréquemment à Paris avant la Première Guerre mondiale, où il se lia avec Matisse (qu’il rencontra au cours de Gustave
Moreau, et qui grava son portrait), Picasso (qui exposa avec lui et qui peignit deux portraits de lui) ou encore Derain
(qui peignit également son portrait). Il développa un style personnel, très coloré, influencé par Renoir, Cézanne, et le
fauvisme dont il fut l’introducteur en Espagne. Amputé d’une jambe en
1921
, il bénéficia de l’aide d’Élie Faure qui
organisa une tombola à son bénéfice avec des tableaux donnés par leurs amis artistes. Francisco Iturrino acheva sa vie
à Cagnes-sur-Mer.
Málaga,
5
février
1912
:
«
... Je t’écris une letre pour te dire où je suis dans ce beau pays de Málaga
entourée du
confort exquis, mais je doit te dire aussi que c’est inutile, il n’i a rien de parfait sur la terre. Me voilà très ennuyée et
triste et c’est pour ce que
mon travaille c’est presque rien.
Je comence à fair quelque paysages seulement, ça ne soufit




