Lot n° 122

André Lhote (1885-1962) peintre. 2 L.A.S. (une avec dessin) à un ami [Lucien Vogel ?], et manuscrit autographe signé, Les Dessins de Nicolas Poussin, 1922 ; 2 et 3 pages in-4 (bords du ms un peu effrangés). Ensemble relatif à un article sur...

Estimation : 800 / 1000
Adjudication : 1 200 €
Description
Poussin pour F^^ ^ (2e année, n° 4, mai 1922). 6 mars 1922. Lhote écrira avec plaisir sur les dessins du Poussin, « admirables créations de l’esprit qui me paraissent hélas exercer bien peu d’influence et sur la mentalité du public, des critiques, et sur celle des artistes. Parmi ces derniers, les uns, les “sensibles” comme on dit, ne voient que les bavures du dessin et ne se rendent pas compte que la sensibilité classique est plutôt dans l’ordonnance des objets que dans la défaillance de la main ; les autres ne voient, dans cette ordonnance, que ce qui a trait à la règle et au compas, et oublient tout le côté humain de l’affaire »... Il envisage l’influence de Poussin sur notre époque comme celle de David, « purement négative »... [Pont du Gard fin mars ? 1922]. Il envoie son texte et le dessin de la lettrine demandée [dessin à la plume au bas de la lettre, 6,8 x 6 cm], en exprimant sa pleine confiance pour la transposition bois. « Nous avons du temps devant nous pour penser à une étude sur le 1er cubisme ou cubisme impressionniste, ou cubisme français ou d’avant-guerre : Cézanne, Braque, De La Fresnaye, Delaunay, Gleizes, Metzinger, Léger, Lhote. Cubisme de sensation, à opposer à cubisme de conception : Picasso, Braque actuel, Gleizes actuel, Juan Gris, Marcoussis, Survage etc., c. à d. cubisme influencé par l’exotisme. Pas pressé. Il y a aussi Breughel, aussi important, pour d’autres raisons, que Signorelli »... L’article Les dessins de Nicolas Poussin s’ouvre par un hommage au recueil de reproductions publié récemment par Helleu, passé à peu près inaperçu du grand public, éloigné d’un art aussi élevé et mesuré. Puis il se livre à une analyse de la manière dont Poussin voyait la nature, « attitude transcendante » qui indispose de nos jours ceux qui jugent sa peinture froide... Lhote s’étonne que les dessins ne plaisent pas davantage. Il relève l’« exaltation spirituelle », la spontanéité et le pittoresque de ses esquisses à l’encre : rien de plus moderne. « L’air et la lumière circulent dans ces paysages en deux tons avec autant de vérité que dans ceux de Cézanne ou de Renoir. Les arbres se gonflent de souffles ; les herbes et les feuillages frémissent ; les nuages et les eaux coopèrent à ce vaste mouvement cosmique »...
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