Voir des vidéos sur le Livre et le manuscrit


LA BIBLE de SAINT-JEAN d’ACRE 1250/1254

Lorsque Saint Louis s’installe à Saint-Jean d’Acre entre 1250 et 1254, la cité cosmopolite où se côtoient chrétiens, juifs et musulmans, est la ville la plus florissante du Royaume latin de Jérusalem.

Intervenants 6 fevrier 2018
– Louisa Torres (BnF)
– Anne Rochebouet (université de Versailles Saint-Quentin)

Mais c’est sans doute sous l’impulsion du Roi de France qu’un scriptorium y est fondé et qu’une production de manuscrits richement enluminés y prend naissance. Cette Bible, actuellement conservée à la Bibliothèque nationale de France, commanditée, sans doute, par Saint Louis qui l’aurait ensuite rapportée en France, présente une intéressante tentative de traduction de la Bible en langue vernaculaire et un important cycle d’enluminures où se mêlent style français et iconographie byzantine, reflet du creuset de cultures qu’est alors Saint-Jean d’Acre. Ce manuscrit est entré au XVIIIe siècle dans la collection du fondateur de l’Arsenal, le Marquis de Paulmy.

Mont Saint-Michel « Cité des livres ». Réfugiés à l’abri du monastère, les copistes ne sont pas pour autant coupés du monde. Le Mont participe activement aux échanges de livres, de copistes et d’influences artistiques en usage dans les Abbayes bénédictines. Lieu de passage, il bénéficie d’influences nordiques, byzantines et carolingiennes venant de toute l’Europe. Les manuscrits contribuent à leur tour à la diffusion des mouvements de pensée et des sciences de leur temps.

Suite à son apogée au 11e siècle, le scriptorium connaît une crise pendant la première moitié du 12e siècle, période d’instabilité politique, avant de connaître un renouveau sous l’abbatiat de Robert de Torigni de 1154 à 1186. Abbé du Mont pendant 32 ans et grand bâtisseur, Robert de Torigni – souvent appelé Robert du Mont – fait construire de nouveaux bâtiments, dont deux tours, l’une étant affectée à la bibliothèque. Selon la tradition, cette bibliothèque comprendrait 140 livres, chiffre énorme à l’époque, qui vaut à l’abbaye le beau nom de « Cité des livres ».

Bertrand d’Argentré « Historien de Bretagne » Édition de 1582.

Bertrand d’Argentré « Historien de Bretagne » Édition de 1582.

Bertrand d’Argentré en son demi-millénaire du 26, 27 et 28 (1519-2019)
Colloque Archives départementale d’Ille-et-Vilaine septembre 2019. « Historien de Bretagne » par Sylvie Daubresse (CNRS, Université Paris II Panthéon-Assas)

Histoire de Bretagne Édition de 1582. Imprimé à Rennes chez Julien Duclos. Après la contestation par les États de Bretagne de nouveaux impôts par le roi de France (1577), il rédige sur leur commande une Histoire de Bretagne de 1580 à 1582. Il développe cette idée d’une Bretagne bien antérieure à la monarchie française. L’ouvrage est saisi sur ordre d’Henri III, pour « faits contre la dignité de nos rois, du royaume et du nom françois ». Cette version expurgée est rééditée en 1588, 1605, 1611, 1618 et 1668, mais le texte de l’edition de 1582 entame une carrière clandestine et est longtemps vendu sous le manteau, et ceci avec une fausse couverture.