L’info du Bibliophile


Pindare, l’un des poètes les plus admirés de son temps (Ve siècle avant notre ère), fut vénéré pendant toute l’Antiquité. Par la suite, son œuvre a connu des fortunes diverses : une grande partie a disparu (on n’en a retrouvé que des fragments), mais ses poèmes célébrant des vainqueurs aux jeux des sanctuaires de la Grèce (les « épinicies ») n’ont cessé d’être recopiés, confirmant l’estime dont ils jouissaient. Idole des poètes de la Pléiade au XVIe siècle

quelquefois raillé au XVIIe siècle et jusque chez Voltaire, Pindare est admiré par Hölderlin, Valéry, Saint-John Perse… Sa poésie se présente sous la forme de cantates dansées ou accompagnées de danses. Elle est réputée pour sa difficulté, une difficulté qui tient notamment à sa tonalité portée vers le sublime (« l’homme est le rêve d’une ombre »…). Ce livre est un recueil d’études publiées sur plus de quarante ans, car jamais Pindare n’a quitté les intérêts d’André Hurst, professeur et ancien recteur de l’Université de Genève. Elles sont accompagnées d’un préambule et de quatre indices. L’auteur s’est attaché à mettre en lumière des démarches de « fabrication » des épinicies pindariques, voire de rechercher des stratégies qui les sous-tendent. Une tentative de pénétrer dans l’« atelier » de Pindare.

Le manuscrit franciscain retrouvé, coulisses d’une enquête… par Xavier Mauduit

HISTOIRE D’UN MANUSCRIT RETROUVE

Quel est cet étrange manuscrit de petite taille, celle d’un livre de poche, récemment acheté par la Bibliothèque nationale de France ? Qui l’a écrit, d’où vient-il, que contient-il ? C’est l’occasion d’une formidable enquête actuelle et médiévale. Il est certain que ce manuscrit n’est pas le second tome de la Poétique d’Aristote, le livre que cherche frère Guillaume de Baskerville, un moine franciscain, dans « Le Nom de la rose », le roman d’Umberto Eco. Pour son enquête, frère Guillaume n’est accompagné que de son disciple, le jeune Adso. Là, c’est tout une équipe de chercheurs et de chercheuses mobilisée : historiens, historiennes, experts en paléographie, en physique, chimie, biologie et bien sûr théologie. Il y a sans doute moins de crimes et de tension sexuelle à la Bibliothèque nationale que dans « Le Nom de la rose » (quoique…). Dans les deux cas, l’enquête est palpitante, riche de suspens et de rebondissements. Xavier Mauduit

Minuscule livre de poche (12 x 8 cm), le manuscrit mis en vente en 2014 par une galerie parisienne, fruste, usé, dépenaillé et à peine déchiffrable, a pourtant suscité un extraordinaire engouement international et d’intenses investigations scientifiques. Ce libricino qu’un frère itinérant, disciple de François d’Assise, glissait dans sa besace voici huit cents ans fut, en quelques mois, acquis par la Bibliothèque nationale de France, numérisé et MIS EN LIGNE SUR GALLICA pour être offert à l’expertise internationale.

La restauration spectaculaire des « Heures de Boussu » a été menée entièrement par les équipes de la BnF.

Les Heures de Boussu sont l’un des plus beaux manuscrits enluminés de la Bibliothèque de l’Arsenal. Ce livre de prières au décor somptueux, dont les coloris vifs et francs étonnent le lecteur d’aujourd’hui, a fait l’objet d’un important chantier de restauration au cours de l’année 2020. Celui-ci  a permis de le doter d’une reliure nouvelle, mieux adaptée, qui protègera le livre pour les siècles à venir. Pour retrouver toutes les étapes de la restauration en détails : https://www.bnf.fr/fr/restaurer-les-luxueuses-heures-de-boussu

« HEURES DE G ET H » Livre d’heures à l’usage de Rome manuscrit enluminé sur parchemin vers 1500

ÉCOUTER l’Étude sur le très précieux manuscrit, véritable redécouverte, exécuté pour le commanditaire qui de cache derrière les initiales « G ET H » et la devise « JUSQUES A CE ». ♦ Chef d’œuvre de l’artiste baptisé maître de Spencer (Actif à Bourges 1495-1510), ce manuscrit est illustré de 4 diptyques (8 grandes peintures), 28 grandes miniatures [En tout 36 grandes miniutures], 35 petites miniatures (Dont 12 au calendrier en bas-de-page) Et 4 iniales historiées. Il contient également 3 initiales historiées par un autre peintre Berrichon (Peut-être le Maître du ROMULÉON ?) Vente Drouot-Richelieu Vendredi 5 juin 2020. Résultat : 749 700 € Frais inclus Voir le manuscrit : https://www.bibliorare.com/lot/345496/

BnF – Conférence par Emmanuelle Chapron, Aix-Marseille Université. Ecole pratique des hautes-études. Le « grand tour » des bibliothèques dans l’Italie du XVIIIe siècle. La visite de bibliothèques fait encore partie au XVIIIe siècle des étapes obligées du Grand Tour d’Italie.

La pratique est orientée par les guides de voyage qui désignent un petit nombre d’incontournables, ainsi que par les bibliothécaires qui mettent en place des procédures pour canaliser ce public un peu particulier. Les notations des voyageurs témoignent de la manière dont les réalités italiennes viennent bousculer, ou au contraire conforter, tout un imaginaire de la bibliothèque. Dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle, la pratique évolue : la visite est parfois remise en cause comme inutile, victime du discrédit de la culture livresque. Mais un certain nombre de voyageurs éclairés redéfinissent l’exercice en cherchant dans les bibliothèques un lieu d’utilité publique.

Le Marquis de Sade croyait perdu son roman Les Cent Vingt Journées de Sodome. Au terme d’un parcours mouvementé, ce manuscrit, rédigé en prison, vient pourtant bel et bien d’être acquis par l’Etat. L’appel au mécénat d’entreprise en vue de cette acquisition de 4,55 millions d’euros a abouti, a annoncé le ministère de la culture, vendredi 9 juillet 2021, dans un communiqué.

Le manuscrit des Cent Vingt journées de Sodome du marquis de Sade acquis par l’État. Classé trésor national en 2017, il rejoindra la bibliothèque de l’Arsenal à Paris, site qui abrite une collection remarquable d’ouvrages du XVIIIe siècle. AGUTTES SAS. Neuilly-sur-Seine et Lyon. LES COLLECTIONS ARISTOPHIL • 1 • VENTE INAUGURALE. Mercredi 20 Décembre 2017 à 14h30 Drouot-Richelieu Salle 1 & 7