Description
in-fol. composés respectivement de 381 pages (dont une centaine vierges ou avec seulement un titre courant), 386 pages (dont 80 pages vierges), et 282 pages (dont 128 vierges), reliures cartonnées de l’époque recouvertes de parchemins et fermées par des lacets (reliures usagées avec accidents, dos manquant au 3e vol.). Précieux registres en partie inédits des observations zoologiques de Gaimard sur les hommes et autres mammifères, oiseaux, reptiles, poissons, mollusques, animaux articulés, zoophytes, etc., au cours de l’expédition de l’a^^ commandée par Dumont d’Urville sur les traces de La Pérouse. Les informations recueillies ici correspondent à une partie des travaux zoologiques de vingt-deux mois au cours d’un voyage qui en compte trente-cinq. Elles représentent une étape intermédiaire entre des notes prises sur le vif par le savant, et la rédaction définitive des 4 tomes de Zoologie que Gaimard a cosignés avec Jean-René Quoy, pour le Voyage de l’Astrolabe pendant les années 18261827-1828- 1829 sous le commandement de M. Dumont d’Urville (Paris, J. Tastu, 1830-1835). Méthodiquement, Gaimard a préparé ses registres en les lignant au crayon, en les paginant, et inscrivant des titres courants. S’attachant à la classification adoptée par Cuvier dans son Règne animal (1817), Gaimard inscrit ses observations dans l’ordre des quatre grands groupes de Cuvier : Vertébrés, Mollusques, Articulés, Zoophytes, dans chacun des registres qu’il chiffre « I » et « II ». Le troisième volume, sans titre ni tomaison, comporte un supplément d’information sur les poissons et les mollusques. Puisqu’il s’agissait de présenter les observations alors que l’expédition et la collecte se poursuivaient (les noms latins sont parfois laissés en blanc, ou suivis d’un point d’interrogation), Gaimard a laissé des blancs pour des observations ultérieures. Des retards dans ce bel ordonnancement étaient inévitables, et l’ordre n’est pas strictement chronologique ; nénamoins on peut constater des fourchettes de dates d’obse^ations : mai 1826-octobre 1827 pour le tome I, octobre 1826-octobre 1827 pour le tome II, avril 1827-février 1828, avec un élément manifestement oublié de novembre 1826, pour le troisième. Ces recueils scientifiques, écrits très soigneusement, étaient destinés à faciliter la rédaction de la partie zoologique du Voyage de l’Astrolabe. Ils comportent non seulement des tables, des relevés de dimensions et d’autres éléments quantifiables souvent inédits, mais aussi des descriptions narratives aisément intégrables dans l’ouvrage à paraître. Gaimard a aussi prévu l’emplacement de figures et planches (certaines sont déjà numérotées), et des renvois aux atlas. La datation de ses obse^ations, non reprise dans l’ouvrage final, permet de reconstituer l’itinéraire ainsi : ayant appareillé à Toulon en avril 1826, l’Astrolabe passe le détroit de Gibraltar en mai, revient dans l’océan Atlantique en juin, touchant à Ténériffe et aux îles du Cap-Vert, se trouve dans l’océan Indien en septembre, et aborde jusqu’à la fin de l’année divers ports de la Nouvelle-Hollande (l’Australie). En janvier 1827, il entre dans le « Grand Océan austral » (partie sud du Pacifique Sud) pour se rendre à la Nouvelle-Zélande jusqu’en mars, puis aux îles Kermadec et aux îles des Amis (le Tonga actuel), pour les mois d’avril et mai. Juillet 1827 retrouve le navire à la Nouvelle-Irlande, août à la Nouvelle-Bretagne et en Nouvelle-Guinée, septembre et octobre à Amboine (îles Moluques), puis à nouveau en Nouvelle-Guinée, et sur les côtes australiennes jusqu’en décembre. L’Astrolabe est à l’île Norfolk en janvier 1828, et en février, à Fataka et Tikopia (archipel du Saint-Esprit ou des Nouvelles-Hébrides), et Vanikoro (archipel de « Sainte-Croix », Santa Cruz). Nous ne pouvons donner ici qu’un rapide aperçu de ces registres manuscrits. Voyage de l’Astrolabe. Zoologie. Tome I. Ce volume s’ouvre par 40 pages consacrées à l’homme de la Nouvelle-Hollande et de la Nouvelle-Zélande. Le texte des pages 1-2 sera en grande partie repris dans l’édition du Voyage (Zoologie, t. I, pp. 40- 43), mais alors que le Voyage constate simplement que les savants ont acquis « assez facilement les mots les plus usuels » des indigènes du port du Roi-Georges, Gaimard dresse ici des glossaires français-australiens, français-diémois et français-zélandais, avec distinction entre les régions, réunissant près de 1000 mots (parties du corps humain, phénomènes naturels, couleurs, chiffres, oiseaux, etc.). « L’indigène qui nous a fourni les mots précédens du vocabulaire de sa langue, appuyait beaucoup sur la première syllabe de la plupart des mots. [...] Le nom de chef n’existe pas dans sa langue. Il nous dit d’abord qu’il en était de même du nom de Dieu ; mais l’ayant questionné plusieurs fois à ce sujet, il nous donna enfin le mot de méïo, dont nous doutons beaucoup, d’autant plus que nous avons acquis la certitude qu’il signifiait homme » (p. 12)... Dans ce groupe de Mammifères, sont aussi étudiés des otaries (25 dimensions relevées pour un phoque du port du Roi-Georges, dont celle des soies les plus longues des moustaches, alors que seules 10 seront publiées), péramèles, phalangers, dauphins et kangourous... Les oiseaux sont représentés sommairement par plusieurs variétés d’albatros et la frégate commune, et les reptiles, par diverses rainettes, l’hydrophis de Tonga, un monitor et un alligator... Près de 150 poissons sont décrits, pp. 138-211 : la leiche, l’orphie, la fistulaire, la girelle (nombreuses variétés), le cheilion élégant, le baliste (quatre épines, huit épines, trois raies, etc.), le labre queue-cerclée et le labre perdition, le tétrodon (mosaïque et lunelé), la « clupée » australe, la rhinobate, l’exocet, le temnodon, le diodon, le squale glauque, ainsi que des plies, raies, merlans, squales etc. Suivent des Mollusques, pp. 212-228, et pour le groupe des Articulés, des annélides, et une vingtaine de crustacés ; mais la section prévue pour les arachnides et les insectes est restée vide. Les Zoophytes sont bien représentés, notamment par les polypes à polypiers (plus de 50 spécimens étudiés, pp. 302-329)... Ce volume se termine par la copie d’un « premier mémoire » envoyé à l’Académie des sciences, mai-juin 1826 (pp. 333- 360), et celle d’une lettre au zoologiste Blainville ; il est complété par une table alphabétique des matières (pp. 366-379). Voyage de l’Astrolabe. Zoologie. Tome II. Les Mammifères dans ce registre sont représentés uniquement par l’homme (pp. 1-58). Les relevés des dimensions d’individus étudiés en Nouvelle-Zélande, à Tongabatou et aux îles Viti dépassent très largement en précision tout ce qui sera publié : dans le Voyage, les descriptions s’apparentent plutôt à une appréciation presque esthétique des formes, des proportions et des couleurs (les Vitiens, par exemple, beaux, sveltes et forts, eussent pu servir de modèles pour « la statue du gladiateur combattant », t. I, p. 38). Le vocabulaire des indigènes est, ici aussi, inédit : Gaimard donne des glossaires de près de mille mots ou expressions usités dans la baie Chouraki et la baie d’ Ipiripi (Nouvelle-Zélande), aux Îles des Amis et aux îles Viti, y compris des termes de marine et de zoologie. On trouve aussi un tableau des chefs des districts de Tongatabou, avec les noms de leur femme et leur héritier, et celui du premier Mataboulé, et des listes des îles de l’archipel Viti, avec estimation de leurs populations. Les Mollusques sont très bien représentés (pp. 119-192) : plus de 140 individus sont décrits, et parfois désignés par leur appellation indigène aussi bien que par leur nom latin. Réordonnées, retouchées et souvent abrégées, ces observations trouveront place dans le tome II de la partie Zoologie du Voyage. Parmi les Articulés, les annélides sont bien représentés, par des térébelles, amphitritées, serpules, néréides, ophicéphales et une sangsue d’Amboine (pp. 193-205). Les Zoophytes abondent, en particulier en Nouvelle-Irlande, au Hâvre-Carteret : plus de 130 individus font l’objet d’une notice (pp. 219-295 et 343-346). Des « Remarques anatomiques sur les Holothuriens, faites sur l’Holothurie feuillue » (pp. 259- 263) ne semblent pas avoir trouvé place dans le Voyage : « Tout est encore, pour ainsi dire, à faire pour l’Histoire de ces animaux »... [Tome III]. Les Vertébrés sont représentés ici par 25 poissons (pp. 5-22), et par une étude de l’« Appareil auditif du Requin », où est relaté l’examen méticuleux d’un Squalus Carcharias « pris le 20 octobre 1827, entre la Nouvelle-Hollande et les îles du Grand-Archipel d’Asie » (la partie nord-ouest de l’Océanie). Le groupe des Mollusques est le plus riche (pp. 79-214), la collecte à Tongabatou, à la Nouvelle-Irlande, sur les côtes d’Australie et de la Nouvelle-Guinée, aux îles Moluques et dans les Nouvelles-Hébrides ayant été particulièrement heureuse : plus de 230 spécimens font ici l’objet d’une description. On joint les 4 tomes en 6 volumes de la partie Zoologie, par Quoy et Gaimard, de Voyage de l’Astrolabe pendant les années 1826-1827-1828-1829 sous le commandement de M. Dumont d’Urville (Paris, J. Tastu, 1830-1835), et la première partie du tome d’Entomologie du même ouvrage par le Dr Boisduval (1832). Exemplaires défraîchis, abîmés (dos manquants, premier plat détaché, piqûres). La couverture du premier volume de Zoologie porte cette note de la main de Gaimard : « Mr Jean-Baptiste Allard, à St Maximin », et la page de garde porte cet envoi autographe : « à mon Oncle, et à ma tante Allard. Hommage de leur dévoué et reconnaissant neveu P. Gaimard. Paris, le 9 mars 1831 ».