Lot n° 126

Grégoire Henri

Estimation : 300/400 €
Description
[Vého, près de Lunéville, 1750 - Paris, 1831], prêtre, député du clergé du bailliage de Nancy aux Etats Généraux, évêque constitutionnel de Blois, député à la Convention du Loir-et-Cher. Il lutta pour l’abolition de l’esclavage. Lettre autographe signée, [adressée au Grand Chancelier de la légion d’Honneur, M. Macdonald]. Paris, le 19 novembre 1822 ; 3 pages in-folio. Il s’agit du double de sa lettre (mention “Duplicata” en haute de la première page) de l’abdication volontaire et motivée du titre de Commandeur dans la légion d’honneur. « L’ordonnance du 26 mars 1816, dont j’ignorois la teneur prescrit le remplacement des anciens brevets des membres de l’ordre royal de la légion d’honneur. Je vous envoye ci-joint l’acte primitif de ma nomination au grade de commandeur et i je n’y joins pas les autres pièces exigées pour l’obtention d’un nouveau brevet, c’est par des considérations que je vais déduire avec la franchise (j’ai presque dit) la crudité de mon caractère. Parler de soi est une tâche embarrassante, mais elle n’est pas imposée par l’obligation de vous répondre. […] Sous la terreur de 1793, après avoir plus que personne ([…] contribué à sauver les monuments des sciences, des arts et ceux qui les cultive, t, membre de la représentation nationale, je fus un des plus fervens promoteurs et l’un des fondateurs de l’institut auquel m’aggrégea une élection libre […] dont je fus exclus en 1816 […] Je demande si l’exclusion de l’institut ne heurteroit pas la concession d’un nouveau brevet de la légion d’Honneur, et n’offrirait pas une seconde contraction qui ne seroit pas la dernière, car d’autres résulteroient de faits et de monumens historiques dont on pourroit ici entremêler le souvenir. […] Un serment de fidélité au gouvernement est exigé dans la légion d’Honneur, il est également prescrit aux collèges électoraux ou plusieurs fois je l’ai prêté et récemment encore aux dernières élections de Paris. […] Inaccessible à l’ambition, arrivé aux confins de l’éternité, je m’occupe uniquement comme dans toute ma vie, de ce qui peut éclairer mon esprit, améliorer mon coeur et contribuer au bonheur des hommes, quoique les services qu’on leur rend, soient ici bas rarement impunis. Repoussé du siège législatif, repousse de l’institut à ces deux exclusions, on permettra sans doute que j’en ajoute moi- même une troisième et que je me renferme dans le cercle des qualités qui ne peuvent être ni conférées par brevet, ni enlevées par ordonnance ; qualités seules admissibles dans deux tribunaux qui réviseront beaucoup de jugemens dont nous sommes contemporains, le tribunal de l’histoire et celui du juge éternel. »
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