Lot n° 20
Sélection Bibliorare

GUILLAUME DE LORRIS - JEAN DE MEUNG.{CR}Cy est le Romãt de la roze Ou tout lart Damour est encore Histoites et auctoritez Et maints beaulx propos usitez Qui a este nouvellement Corrige suffisantement Et cotte bien a lavantaige Com on voit en...

Estimation : 15000 / 20 000 
Adjudication : 30 000 €
Description
chascune page.{CR}Paris : Jehan Petit, (1526). — Petit in-folio, (4 ff.), cxxxix ff., (1 f.). Maroquin rouge, triple filet doré en encadrement, motif de volutes dorées aux angles et armes dorées au centre sur les plats, dos à nerfs orné de pièces d’armes, roulette dorée intérieure, tranches dorées sur marbrure (reliure du début du XVIIIe siècle).{CR}Exemplaire parfaitement conservé malgré une petite fente à la charnière du premier plat et quelques légères taches sur les plats. L’intérieur est dans un excellent état de conservation.
Bechtel, G-379.{CR}Édition très rare de l’une des œuvres poétiques les plus célèbres du Moyen âge.{CR}Dans l’histoire des éditions du Roman de la Rose, celle-ci marque une véritable transition entre les publications qui la précèdent et celles qui suivront. Elle est effectivement la première à moderniser le texte et à le rendre par conséquent lisible et compréhensible pour les lecteurs de l’époque. Comme le précise Bechtel, c’est cette édition qui a « relancé l’attrait du Roman de la Rose » et les éditions suivantes seront tirées en grand nombre, le plus souvent à partir de ce texte modernisé.{CR}La publication était traditionnellement attribuée à Clément Marot mais serait de Guillaume Michel, dit de Tours, qui, dans le prologue, précise bien qu’il a voulu « restituer en meilleur estat et plus expediente forme pour l’intellige(n)ce des lecteurs et auditeurs » et qu’il a « bien voulu relire ce present livre dès le cõmencement iusques a la fin a laquelle chose faite fort laborieuse me suis employe et lay corrige au moins mal que iay peu ».{CR}L’édition a été imprimée en caractères gothiques sur deux colonnes de 44 lignes par A. Couteau pour Jehan Petit et Galliot Du Pré. Elle se caractérise par une riche illustration gravée sur bois comprenant les armes de France en tête du privilège, une grande vignette en tête du prologue représentant un maître et ses élèves, et 94 figures dans le texte, dont quelques une répétées, provenant ou inspirées du fonds Vérard. Le privilège est daté du 19 avril 1526 et attribué à Galliot Du Pré.{CR}EXEMPLAIRE DE DEUX ÉMINENTS BIBLIOPHILES, LE MARQUIS D’AUBAÏS ET AMBROISE FIRMIN-DIDOT.{CR}Il s’agit effectivement d’un exemplaire tout à fait précieux. Relié en maroquin au début du XVIIIe siècle, il provient de la riche collection du bibliophile Charles de Baschi, marquis d’Aubaïs (1686-1777), dont il porte les armes complètes sur les plats et celles de Baschi seules répétées au dos ainsi que l’ex-libris à l’intérieur, gravé sur un feuillet en regard du titre. Olivier, Hermal et Roton apportent ces précisions le concernant : « Il consacra aux lettres sa vie et sa fortune et protégea la littérature et les gens de lettres ; membre des académies de Nîmes et de Marseille, il fut l’auteur de plusieurs ouvrages historiques et géographiques de valeur, notamment des « Pièces fugitives pour servir à l’histoire de France » (1759) et de la « Géographie historique ». Ce fut aussi un collectionneur érudit ; il avait formé une importante bibliothèque composée principalement de mémoires, et dont une grande partie se trouve aujourd’hui dans les bibliothèques publiques d’Aix et de Marseille et à la Bibliothèque Nationale » (OHR, pl. 452).{CR}Cet exemplaire lui fut offert par Louis-Daniel de Montcalm-Gozon (1676-1735), marquis de Montcalm, le 24 janvier 1708. Cette indication nous est donnée grâce à cet ex-dono figurant sur le titre : Dono dedit D. Lud. Daniel de Montcalm de Gozon, de Candiac &c anno MDCCVIII die XXIV Januarii. Le marquis d’Aubaïs connaissait parfaitement la famille de Montcalm pour en avoir établi la généalogie complète.{CR}La seconde provenance remarquable est celle du célèbre imprimeur et libraire Ambroise Firmin-Didot (1790-1876) qui possédait l’une des plus prestigieuses collections de livres jamais réalisées. C’est d’ailleurs en ces termes que P. Paris, conservateur honoraires au Cabinet des manuscrits de la Bibliothèque nationale, présentait la collection en tête du catalogue de la première vente de la bibliothèque qui s’est tenue en juin 1878 : « La Collection de M. Firmin-Didot est assurément d’une valeur vingt fois supérieure à celle du petit Muséum de Charles Nodier. Tous les bibliophiles du monde en ont entendu parler ; il n’est pas un savant étranger qui n’ait, en arrivant à Paris, demandé et, par conséquent, obtenu de l’urbanité bien connue de M. Didot la faculté de la voir et de l’examiner à loisir. Si l’on excepte notre grande Bibliothèque nationale, la Bibliothèque de l’Arsenal et celle qu’un prince de la maison de France (Duc d’Aumale) vient de ramener à Chantilly, on peut assurer qu’il n’existe pas en France un ensemble de textes manuscrits et imprimés digne de lui être comparé ».{CR}On trouve également cette curieuse note sur l’avant-dernier feuillet : Cal’vet me acheta le XVe de mars 1553, viij sols tout blanc. Sur le même feuillet figurent des armes non identifiées dessinées à l’encre{CR}Quelques notes manuscrites anciennes dans les marges.{CR}Exemplaire parfaitement conservé malgré une petite fente à la charnière du premier plat et quelques légères taches sur les plats. L’intérieur est dans un excellent état de conservation.{CR}Provenances : Louis-Daniel de Montcalm de Gozon, avec ex-dono manuscrit sur le titre. - Marquis d’Aubaïs, avec ses armes et son ex-libris. - Ambroise Firmin-Didot, avec ex-libris (cat. juin 1878, n° 131).
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