Lot n° 126

Jean-Antoine Roucher.

Estimation : 300/400
Description
L.A. à sa femme. (Paris), ce samedi 25 juillet 1789. 2 pp. bi-feuillet in-4, adresse au verso, cachet de cire noire. Sur les événements révolutionnaires et le rôle de Lafayette ; Vous êtes bienheureux à Montfort, de vous trouver loin des scènes horribles qui se sont passées ici. Ce peuple irrité par de longues années de malheurs et d’injustice, est devenu terrible et même atroce. C’est presque une horde d’antropophages. Roucher fait part du massacre de Bertier de Sauvigny qui n’a pu être empêché par Lafayette ; celui-ci a envoyé aux 60 districts, sa démission de la place de colonel-général des Gardes parisiennes (…). Aucun district ne l’a acceptée. Tous, par des députés envoyés jeudi soir à la ville, l’ont prié, supplié, conjuré de rester fidèle à la Commune (…). Hier à l’assemblée générale de St-Etienne, j’ai lû à ce sujet un petit discours qui a bien réussi, et dont tous les auditeurs ont demandé presqu’au même instant l’impression (…). Le discours est chez l’imprimeur et va être distribué aux autres districts : il fera parvenir par carrosse à sa femme, une douzaine d’exemplaire qu’il demande de distribuer ; il demande de se mettre à l’abri avec son frère durant les troubles ; Ce n’est pas qu’il y ait ici à craindre encore ; mais quand la populace se tourne vers le brigandage et la férocité, il faut se tenir sur ses gardes (…). Il rassure sur son sort et ses déplacements qu’il limite à son district de St-Etienne et à l’Hôtel de ville pour plusieurs députations dont auprès de Bailly ; il va ce soir apporter son discours à Lafayette : quand on marche dans Paris comme député du tiers, on est en pleine et parfaite sécurité (…). Il voudrait lui envoyer un billet qu’il ne peut changer en numéraire et demande des nouvelles de la famille.
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