Lot n° 130

Jean-Antoine Roucher.

Estimation : 200/300
Description
2 L.A. à sa femme et à sa fille. (Paris), 1er et 12 août 1789. 6 pp. bi-feuillet in-4, dont adresse au verso, cachet de cire rouge. Correspondance peu après la grande peur ; Roucher a mis au carrosse de l’argent dans une boite cachetée ; afin d’éviter à sa petite famille, un « cazernement » trop pénible à Montfort, il lui fait part, à la troisième personne, des aménagements qu’il a fait dans leur appartement à Paris, avec de nouveaux cordons aux rideaux, la réparation de l’alcôve et des tentures, le dressage des lits, etc. Je souhaite que tous ces petits arrangemens vous agréent. Comme ils sont faits à votre intention, il me serait pénible qu’ils ne fussent pas de votre goût. Vous m’accusez quelque fois d’être pour vous différent de ce que j’étais. Il me semble au contraire, que Madame a toujours conservé son empire sur son serviteur (…). Il poursuit en détaillant les comptes domestiques. Il donne des nouvelles de sa santé à sa fille « Minette » se montrant attentionné pour la poursuite de son éducation, la félicitant sur son intérêt pour les événements politiques ; (…) Papa est bien satisfait d’avoir une fille qui commence à sentir le mérite d’être citoyenne. Tu seras bien plus heureuse, Minette, que nous ne l’avons été sous le régime passé. Nous étions esclaves (…) Tu te verras membre d’un peuple libre qui se gouverne par le seul empire des loix qu’il aura faites (…). On dit que les Anglais devant nous sont en admiration (…). S’il faut en croire le bruit public, la cité de Londres a vôté une adresse d’hommages et de félicitation à notre assemblée nationale (…). Ce serait un grande et magnifique exemple de l’influence des Lumières du siècle ; elles ne se bornent pas à aggrandir l’esprit ; elles passent jusqu’au cœur (…). Etc.
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