Lot n° 175
Sélection Bibliorare

COCTEAU jean (1889/1963) - Note autographe «intitulé contre poison» sur Oscar Wilde (condamné en 1895 à deux ans de travaux forcés pour homosexualité, dont Cocteau lit la biographie par Frank Harris pendant qu’il écrit son livre (1916,...

Estimation : 500 / 600
Adjudication : Invendu
Description
traduction française en 1928).
Il prend des notes au fil de sa lecture (publiées dans l’édition des Œuvres romanesques complètes en Pléiade), qui éclairent le rôle de repoussoir joué par Wilde à ce moment. Cocteau l’a beaucoup aimé dans sa jeunesse, l’a pastiché en 1909 (dans Le Portrait surnaturel de Dorian Gray), avant de s’en éloigner. La biographie de Harris, ami de l’écrivain anglais pourtant, « achève O. Wilde » dans son esprit : elle montre la « bassesse d’âme », sans « étoffe » ni « altitude », d’un « homme de salons », d’un « poète médiocre » qui n’a « aucun sens du mystère », dont la tragédie était « trop grande pour sa taille ») et d’autres. « Le mal fait par Wilde précède Wilde et le prolonge. Wilde en est simplement une affiche plus voyante que d’autres. Il n’est ni le premier, ni le dernier à vendre des pilules du diable. Le mauvais parfum de démoralisation, de la vie littéraire que dégage les Jacques Collin, les Lord Harry, les Maldoror (superparrain, le number one des vendeurs de drogue), les Lafcadio, contamine beaucoup d’intelligences. Ce parfum met, pour certains jeunes, The playboy of the western world de J.M. Synge au dessus de toutes les pièces du théâtre Libre. Cristophe a tué son père : on l’admire. Il ne l’a plus tué : on le lynche. Voila de quoi exciter nos esthètes (au lieu de collégiens sataniques-rayé dans le texte). Peu de personnes connaissent La Salamandre d’Eugène Sue. Je vous la recommande. Elle contient le prototype de ce que nous appellerons : Le gentleman démoralisateur.» S.D. 1p. in-4 - TTB & superbe texte
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