Lot n° 141

Pierre LOUÿS. L.A.S. « Pierre », Cadix 6 septembre 1896, [à son frère Georges Louis] ; 4 pages in-8 à en-tête du Grand Hôtel de Paris, Cádiz (Lég. salissure etpetite trace de rouille).

Estimation : 300 / 400
Adjudication : 350 €
Description
Cadix est une ville claire et nette : « Peu de mantilles et trop de chapeaux français ; mais on rencontre encore de temps en temps des jeunes filles en chemise et en jupon rose avec un vieux châle jaune sur les épaules et cela suffit pour animer une rue. Je m’y suis promené hier soir pendant trois heures avec un guide qui a trouvé moyen de me montrer tout, sauf la mer !! » [dessin du plan de Cadix, entourée d’eau]. Il s’est décidé d’aller voir, pour la première fois, « los Toros » (il rouvre sa lettre pour dire de la corrida : « je suis écœuré. Je ne suis resté que 25 minutes dans cette boucherie et je n’y retournerai de ma vie »)... Puis il conte une anecdote : « Au printemps de l’année dernière, Robert de Montesquiou (Des Esseintes) invite son maître Mallarmé à un déjeuner sur l’herbe dans la Forêt de Fontainebleau. Comme Mallarmé passe ses étés à Valvins, c’était l’inviter chez lui. Aussi, Mallarmé répond : “Ne vous occupez pas des formalités du couvert ; j’apporterai ce qu’il nous faut.” Montesquiou voulut bien ne pas s’occuper du couvert de Mallarmé, qui était de faïence blanche ; mais il s’occupa du sien. Et tous les mets qui passèrent par sa noble bouche lui furent présentés sur des ustensiles de Sèvres à son chiffre et à ses armes, qu’un valet apporta dans une petite valise. – Je me garderai bien de faire des comparaisons inconvenantes ; mais c’est dommage qu’on ne puisse pas apporter son palais avec soi comme on apporte son train spécial et sa valise de vaisselle »... Mille lettres inédites à Georges Louis (2002), p. 215. Reproduit page 49
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