Lot n° 364

Horace-Bénédict de SAUSSURE (1740-1795) naturaliste et physicien suisse. L.A.S., Genève 28 juin 1776, à Louis-Bernard Guyton de Morveau, vice-chancelier de l’Académie à Dijon ; 3 pages in-4, adresse, cachet de cire rouge aux armes (brisé).

Estimation : 1000 / 1500
Adjudication : 3000 €
Description
Belle lettre scientifique sur ses expériences sur des paratonnerres.Il remercie Morveau de la description de son appareil ; comme Le Roy, il croit que les interruptions de continuité sont un inconvénient des chaînes. « Chez moi c’est un triple fil continu dont les bouts sont soudés, et ce n’est point une chaîne. Mais je l’ai fait ainsi pour faire mieux que bien, persuadé que des chaînes bien faites conduisent à merveille surtout si elles sont tendues. Je crois aussi que vous aurés bien rarement lieu d’observer l’électricité par les oscillations de votre battant ; il auroit fallu pour cela isoler, comme je l’ai fait la pointe et toute la conduite de votre Paratonnerre ; mais je ne crois pas que l’interruption d’un demi pouce vous expose à aucun danger, à moins que quelqu’un ne touchat la partie supérieure de la chaîne dans le moment d’une explosion. Quant à la conduite en barres, leur grosseur vous met surement à l’abri de tout accident ; cependant je l’eusse autant aimée en dehors du bâtiment, & je vous conseille de la masquer partout avec des planches ; parce que si on s’appuyoit contr’elle dans le moment d’une décharge, on auroit au moins une forte commotion. La poussière de charbon qui entoure le conducteur dans la terre est chymiquement et électriquement très ingénieuse. Depuis vous [...], j’ai changé mon conducteur, je l’ai placé sur le faite de la maison, et j’ai substitué une tresse de fils de laiton soudés bout à bout à mon ancienne tresse de fer ; parce que l’année dernière j’eus l’occasion de suivre les effets de la foudre qui avoit suivi un fil de laiton d’une ligne au plus de diamètre sans l’endommager tandis qu’elle avoit fondu des morceaux de fer d’un beaucoup plus grand volume. Et les expériences en petit sont d’accord avec cette observation »... Il explique pourquoi il n’a pas « publié la suite de mes Observations sur les Alpes, parce que celles que j’ai faites depuis lors, m’ont fait voir que mes premières étoient incomplettes & que j’avois négligé des choses dont j’ai appris à connoitre l’importance. Je fais une course dans les Alpes au mois d’Aout prochain, peut-être oserai-je ensuite hazarder quelque chose. Cette étude est prodigieusement complexe »… Il ajoute un fait remarquable : « la première pluye qui est tombée après la chaleur et la sécheresse extrêmes [...] n’a amené aucune électricité ; mais la seconde pluye, qui tomba deux heures après la première en amena prodigieusement, & depuis lors j’en ai eu tous les jours »...
Partager