Lot n° 379

Rousseau Jean-Jacques (1712-1778). Couplet inédit de six vers autographes, sur un papier

Estimation : 400/600 €
Adjudication : Invendu
Description
découpé qui aurait été trouvé au château d’Amboise (selon une annotation manuscrite jointe, vraisemblablement de M. Juncker), 1 p., in-8 oblong. « Dans une espérance vaine, Mon amour peut m’abuser : Mais ne crois pas l’épuiser, A force d’être inhumaine. Mes yeux ont formé ma chaîne, Ma main ne peut la briser. » Cet autographe est accompagné d’une lettre d’envoi de Mr Grangier (1814-1882), en date du 23 octobre 1835, 2 p., in-8, envoyée vraisemblablement à la femme du collectionneur A. Juncker, dans laquelle il est question de deux autres lettres de la collection, une de Jules Janin (n°643), et une autre de Thiers (n°100). « Madame, arrivé depuis deux jours seulement à Paris, tout plein de votre bon souvenir, vous comprendrez sans peine que je m’empresse de vous adresser tous mes remerciements et mes sincères amitiés. Je voudrais pouvoir vous rendre un peu du bonheur que vous nous avez prouvé : je ne sais comment m’y prendre, et dans mon extrême embarras, dans mon extrême désir, me souvenant que vous nous avez demandé des autographes, je vide avec joie mes poches, sur vos genoux. Plus tard, je viderai les poches de mes amis. Je vous avoue une chose, c’est que je jure d’employer toutes ces ruses et toutes les bassesses pour augmenter votre collection : j’en soustrairai, j’en volerai. Je serais fier et glorieux d’être criminel, si je vous suis agréable. Ici, ce sont deux lettres et une chanson. La première est de J. Janin, à un pharmacien, à qui il demande un remède ; la deuxième de Mr Thiers à mon grand père, avant la révolution de Juillet ; enfin la chanson est un couplet inédit de J. Jacques Rousseau laissé avec beaucoup d’autres papiers dans le château d’Ambroise, où se passa la célèbre conjuration, ou J. Jacques a depuis habité, et où ma mère l’a reçu, en cadeau. Puisse le tout vous faire le moindre plaisir ! Maintenant me permettez-vous une démarche indiscrète ? Seriez-vous assez bonne pour demander au beau frère de Kersausie s’il compte toujours faire imprimer la correspondance de Latour d’Auvergne ? Je lui offrirais de l’examiner et de la livrer au public, si je la jugerais digne d’intérêt, en y mettant son nom, en lui abandonnant tout bénéfice et en ne gardant que la chance défavorable. Je crois que ce peut être utile à l’histoire et c’est de là que vient tout mon désintéressement. Car vous m’avouerez que je lui laisse le bon côté et à ma réserve que le mauvais. Je finis en vous priant, Madame, d’assurer Monsieur Junker de toute ma considération, de tout mon dévouement et de toute ma connaissance : de donner des baisers à votre joli enfant, pour moi, si ce n’est pas inconvenant ; enfin d’accepter mes hommages sincères et mes civilités les plus dévouées. ». PROVENANCE : ancienne collection A. Juncker, portant le n° d’inventaire 621.
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