Lot n° 537

Montgaillard Maurice (1761-1841), fameux espion et aventurier. Louis Xviii s’en servit pour

Estimation : 200/300 €
Adjudication : Invendu
Description
préparer la trahison de Pichegru. L.A.S. « Mce Montgaillard », Passy, 26 juillet, adressée à Eugène de Monglave (1796-1873), 2 p., in-folio. « Vous avez peut-être, monsieur et honorable collègue, calomnié déjà mon absence ; mais dans ce cas vous ne rendriez pas justice à l’estime dont je fais profession et à sa reconnaissance que je conserverais toujours à l’institut, pour l’honneur que l’on a fait en admettant au nombre de ces membres : mais vous êtes juste ; vous vous rappelleriez ma réponse à la première lettre que vous me fîtes l’honneur de m’écrire il y a quatre mois ; elle vous exprimait avec une sincérité entière, combien là j’ai la mauvaise santé, sa fille, m’imposaient de privations. Votre lettre m’a trouvé au lit ; une femme est commune, moi, sortit à peine du lien où la retenait ce qu’on appelle cholérine. Un changement subit et total dans la température démantibule des individus aussi frêles que moi : lorsqu’on chiffre son âge par un J suivi d’un 4, il est impossible de braver la saison, et l’on n’est pas loin du terme où Mirabeau prononce sa dernière parole : Dormir. Je voudrais, cependant, que le grand sommeil ne me saisit pas encore ; il y a tant de jolies, de surprenantes choses à voir, tant d’aimables et de spirituels écrivains à entendre et à lire ! Je suis un peu égoïste à cet égard et vous avez contribué à augmenter cet égoïsme, depuis que j’ai eu l’avantage de vous connaître. Je vous remercie de l’article : Montfaucon. L’Esseulappe François, l’un de vos collègues à l’institut m’a défendu de sortir après le coucher du soleil, et vous ne tenez vos séances qu’après le lever de la lune : je crois vous avoir dit que j’étais une machine à rhumatismes, et de fait je m’enrhume aussi facilement que la charte de Louis XVIII. Quand je serais encore plus malade, l’institut ne s’en porterait pas mieux ; veuillez donc m’excuser d’une absence qui ajoute chaque jour à mes regrets, sans lui préjudiciait le moins du monde ; il a tout à mes vœux et tout mon dévouement, mais je ne puis, malheureusement l’en apurer en personne, sans m’exposer à aller fertiliser une pièce de terre du Père-Lachaise : vous ne le voudriez pas, l’intérêt que vous avez eu la bonté de me témoigner, mon égarant, agrée, je vous empresse de nouveau et veuillez faire agréer à l’institut mes vifs regrets de me trouver dans l’impossibilité d’aller m’éclairer et m’instruire dans ces séances où je trouverais le plaisir avec la science. Ne me grondez plus : attendez Monsieur de 30 ans que vous soyez parvenus à mon âge, et vous verrez s’il dépens de soi de faire ce dont on éprouverait le plus de satisfaction ! Je vous souhaite cette épreuve qu’elle que douloureuse qu’elle soit, à sa consommation. Vous nous aviez fait espérer votre visite, et même l’honneur de celle de Madame de Monglave dans notre solitude. Serait-t-il indiscret de vous rappeler votre promesse ? Elle est au nombre de celles que l’on n’oublie pas. Recevez, Monsieur et honorable collègue, aussi cordialement que je vous l’offre, l’assurance des sentiments d’estime, l’attachement et de considérations que je vous ai voué. (Quel horrible papier, il boit comme un ventre : ne direz t on pas que cette branche d’industrie et sous la régide de l’un de nos grands seigneurs de la banque ? Excusez mon patouillage noir)
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