Lot n° 116

STURLUSON (Snorri). Edda. Islandorum an. chr. M.CC.XV Islandice. Havniae [Copenhague] Henri Gödianus, 1665.

Estimation : 5 000/6 000 € /
Adjudication : Invendu
Description
3 parties en un volume in-4, veau caillouté, double filet doré, armoiries au centre, dos orné avec chiffre couronné répété dans les compartiments, roulette sur les coupes, tranches mouchetées de rouge (Reliure de l’époque).
Brunet, t. II, col. 942. — Félix Wagner, « Un grand écrivain islandais du moyen âge : Snorri Sturluson et son œuvre » in Revue belge de philologie et d’histoire, X, 4, 1931, pp.1076-1085.
TRES RARE EDITION PRINCEPS DE L’EDDA DE SNORRI, L’UN DES CHEFS-D’ŒUVRE DE LA LITTERATURE MEDIEVALE ET TRESOR DU PATRIMOINE ISLANDAIS.
Snorri Sturluson (Snorra Sturlusnor) (1178-1241), poète, érudit et homme politique islandais, fréquenta la célèbre école d’Oddi où il acquit un goût certain pour les lettres, puis compléta ses connaissances par des voyages en Norvège et en Suède. D’une grande érudition, maîtrisant parfaitement la poésie et le vieux norrois, il est l’un des grands écrivains nordiques du Moyen Âge.
Composé entre 1220 et 1230, l’Edda de Snorri, que l’on appelle aussi nouveau Edda ou Edda en prose afin de le différencier de l’Edda de Saemund ou Edda poétique, est une œuvre essentiellement didactique. Il se divise en trois parties présentant chacune un enseignement complet portant sur la mythologie scandinave, le mécanisme de la langue islandaise et l’art de la versification.

La première partie, le Gylfaginning, sorte d’entretien que Gylfi, roi légendaire de Suède, aurait eu avec Odin, est une suite de récits où sont exposées en cinquante-trois chapitres les croyances mythologiques scandinaves et les idées générales sur la Création du Monde.
La seconde partie, appelée Skaldskaparmâl (Skalda en abrégé), renferme les préceptes de l’art poétique. Elle possède cette page de titre propre : Philosophia antiquissima norvego-danica dicta Woluspa [...]. L’auteur y disserte sur l’origine de la poésie scaldique, énumère les nombreuses expressions métaphoriques (kenningar) dont les scaldes usaient et abusaient au Moyen Âge, et y donne un vocabulaire de termes spéciaux non métaphoriques (okend heiti) et des synonymes (fornöfn) qui abondent dans la poésie scandinave. On y trouve également une liste de soixante-dix poètes avec des spécimens de leurs productions.
La Hâttatal (énumération de mètres), poème dithyrambique divisé en trois parties, clôt le recueil. C’est un véritable art poétique en action, ou plutôt une savante dissertation relevant et expliquant les formes métriques (haettir) et les rythmes variés de la poésie, et montrant leur application dans des strophes spécialement composées à cet effet (Wagner). Le titre de cette partie est : Ethica odini pars Eddae Saemundi vocata Havamaal [...].
PRECIEUX EXEMPLAIRE RELIE AUX ARMES DE JACQUES-NICOLAS COLBERT (1655-1707), archevêque de Rouen et académicien, fils du grand Colbert.
Le titre de la seconde partie, ainsi que le feuillet de dédicace, sont mal reliés après le titre général. Les trois pages d’errata de la troisième partie sont mal reliées à la fin de la première (2 ff.n.ch. intitulés Mendae typographicae). On a ajouté les 6 feuillets préliminaires de l’édition de 1673 de la seconde partie.
Sans la quatrième partie signalée par Brunet, contenant une interprétation du Völuspà, parue en 1673.
Petite trouée supprimant un mot et quelques lettres du texte au feuillet Cc2. Très fortes brunissures inhérentes à la qualité du papier. Restaurations à la reliure (charnière supérieure, un mors, coiffes et un coin).
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