Lot n° 428

[ARMES ANCIENNES]. Cabinet d’armes d’Antoine Rongé de Liège. Album in-4 (33,5 x 25,5), demi-vélin et coins de vii p. manuscrites, 8...

Estimation : /
Adjudication : 510 €
Description
feuillet imprimés imprimées encollés en plein au centre des pages, et 153 planches présentant les oeuvres les plus remarquables
de la collection (une partie des planches présentent plusieurs dessins).
Les armes et armures dessinées se répartissent en : Armures en fer ou en acier, armes offensives de main, armes de jet, armes à feu, arquebuses et mousquets, carabines et mousquetons à rouet, fusils, fusils à vent, pétinaux et pistolets, armes complexes, cartouchières, poires à poudre.
Préface : «Antoine-Guillaume Rongé naquit à Liège le 2 août 1764. Il était le plus jeune des trois fils de Jean- Henri Rongé et de Marie-Anne Bougneuilles, tous deux également liégeois. Doué d’une intelligence et d’un sens pratique peu ordinaires, Antoine Rongé put suppléer de lui-même à ce que laissait à désirer l’instruction qu’il avait reçue. D’apprenti armurier, il ne tarda pas à devenir maître.
Il s’établit comme fabricant d’armes en 1789, lors de son mariage avec Marie Catherine Delsemme, née à Jupille le 4 octobre 1761. En peu d’années, malgré les vicissitudes de l’époque, Antoine Rongé parvint, grâce à son activité et à l’irréprochable fini de ses armes, à se créer une clientèle nombreuse, non seulement en Belgique mais aussi dans les pays
circonvoisins. La prospérité croissante de ses affaires le mit à même de satisfaire le goût inné qu’il avait pour les objets d’art et les antiquités, et spécialement pour les armes anciennes, toutes choses qui étaient alors beaucoup moins recherchées que de nos jours. Bien que d’une économie sévère dans son intérieur, Antoine Rongé savait payer et payer largement, quand il les rencontrait, les objets rares ou curieux pouvant enrichir ses collections. Il habitait une ancienne maison portant l’enseigne de la Griffe d’or formant l’angle de la rue des Onze mille vierges et de la rue royale, comprenant, avec ses dépendances, toute la superficie du Café du Grand-Marché et des deux maisons qui lui font suite. Au rez de chaussée, une pièce était réservée aux bustes, statuettes, médaillons, bas-reliefs et objets d’art en marbre, en bronze, en argent, en ivoire, en laque, en bois, &c. A l’étage un salon à rue, aux trumeaux desquels on avait fixé quatre armures complètes, était affecté au cabinet d’armes. De superbes porcelaines de Chine et du Japon, servaient de décor à ces deux collections. Rongé accueillait bien les visiteurs et se faisait un plaisir d’attirer leur attention sur les progrès successifs réalisés dans la fabrication des armes portatives, et de leur expliquer les divers systèmes anciens d’armes à feu perfectionnées, renfermant en germe la plupart des inventions modernes.
De nombreux amateurs se présentèrent pour acheter, souvent à hauts prix, le cabinet d’armes soit en tout, soit en partie; toujours Antoine Rongé répondit par un refus; en fait d’antiquités, il achetait, mais ne vendait point.
L’esprit de conservation qui l’habitait était tel qu’il déclina l’offre que lui fit un jour le Baron de Serdolin, époux de la Comtesse Loyson [Loisin], de lui céder, en échange du cabinet d’armes (aujourd’hui hôtel d’Andrimont) avec
l’immense terrain dépendant, terrain qui comprenait alors, non seulement le périmètre actuel de la propriété, mais tout le carré formé par les rues des Carmes, du Méry, et de l’université. Antoine Rongé est mort le 17 février 1834, laissant sept enfants issu de son mariage avec Marie Catherine Renson qui l’avait précédé dans la tombe depuis le 20 mars 1826. Désireux de sortir de l’indivision les enfants vendirent à différents amateurs les porcelaines et les objets d’art, à l’exception de quelques uns de ceux-ci qui furent partagés entre eux. Quant au cabinet d’armes, ils en dressèrent un catalogue qui fut livré à l’impression en 1835; mais ce catalogue, dont les auteurs manquant des connaissances nécessaires pour un pareil travail, est défectueux sous tous les rapports. M. Louis Jamme, alors Bourgmestre de Liège, aurait vivement désiré voir acquérir ce cabinet par la ville, comme noyau du Musée d’Armes qu’elle devrait posséder. La ville recula devant la dépense, la révolution de 1830 ayant épuisé les finances communales. Ce fut un antiquaire de Londres, qui, pour un prix relativement minime, se rendit acquéreur du cabinet d’armes et le transporta avec lui en Angleterre.
Peu de temps avant cette vente furent pris, tant bien que mal, en gardant les proportions , mais malheureusement sans annoter les mesures, les croquis des pièces les plus remarquables , unique souvenir restant à Liège des armes
anciennes qui ont formé la riche collection d’Antoine Rongé. (Nota : L’échelle adoptée pour les dessins est de 10 centimètres par mètre).
Liège 10 septembre 1876.
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