Lot n° 282

SAINT-EXUPÉRY (Antoine de).{CR}Terre des hommes.{CR}Paris : Gallimard, (1939). —

Estimation : 3000 / 4000
Adjudication : Invendu
Description
In-8, 180 x 115 : 218 pp., (1 f.), couverture imprimée. Demi-maroquin rouge à coins, dos à nerfs, tête dorée, non rogné, couverture conservée (ateliers Laurenchet).{CR}{CR}Édition imprimée le 2 mai 1939, soit 3 mois après l’originale, portant sur le titre la mention de « trente-cinquième édition ».{CR}Précieux exemplaire comprenant ce très bel envoi adressé à Mme Margaret Hughes :{CR}{CR}Pour madame Margaret Hughes. En lui disant la grande émotion que j’ai éprouvée en regardant sur la page voisine la signature du meilleur ami que j’aie eu Et en très amical hommage. Antoine de Saint Exupéry{CR}{CR}Saint-Exupéry fait allusion à un petit feuillet collé au regard de son envoi, sur lequel figurent la signature autographe d’Henri Guillaumet ainsi que la mention manuscrite « Oran le 8 avril 1940 » [feuillet in-12, à en-tête de l’Aviz Hotel de Lisbonne]. Ce dernier fut abattu au-dessus de la Méditerranée huit mois à peine après avoir laissé cette trace écrite, et sa disparition provoqua chez Saint-Exupéry une tristesse qu’il ne parvint jamais à éteindre totalement. Pilote mythique de l’Aéropostale, Guillaumet avait initié le futur auteur de Vol de nuit aux difficultés de la Ligne Toulouse-Alicante dès 1926, avant que naisse entre eux une amitié durable. C’est précisément dans Terre des hommes, ouvrage que l’auteur dédia à Guillaumet, qu’est relaté le terrible accident d’avion dont il fut victime dans les Andes en 1930 et au terme duquel, après cinq jours de marche, Saint-Exupéry rapporte la fameuse phrase de son ami Guillaumet : « Ce que j’ai fait, je te le jure, jamais aucune bête ne l’aurait fait ».{CR}D’ÉMOUVANTE PROVENANCE, CE VOLUME EST ISSU DE LA BIBLIOTHÈQUE DE MARGARET HUGHES (1893-1980), femme de lettres américaine, dont les relations culturelles et politiques furent précieuses à la petite société française expatriée à New-York à compter de 1940, et dans laquelle Saint-Exupéry avait sa place aux côtés notamment d’André Maurois et de Jules Romain. Margaret Hughes relata en 1941 dans un ouvrage intitulé Les lauriers sont coupés… : Journal d’une volontaire américaine en France (avril-septembre 1940), son engagement de secouriste bénévole au sein du comité franco-américain chargé d’aider les soldats et les populations civiles, d’abord en Haute-Vienne puis dans les Ardennes. Après avoir été témoin de l’exode et des bombardements, elle rejoignit New-York en bateau, via Lisbonne, au début du mois de septembre 1940, empruntant le même trajet que Saint-Exupéry effectua deux mois et demi après.{CR}Dos éclairci. Feuillets brunis, petites déchirures aux deux premiers feuillets.{CR}Provenance : Margaret Hughes, avec envoi autographe de l’auteur. - Ex-libris MD.
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