Lot n° 49
Sélection Bibliorare

[Alchimie]. STOLCIUS (Daniel Stoltz von Stolzenberg, dit). Viridarium chymicum figuris cupro incisis adornatum et poeticis picturis illustratum. Franfort, Lucæ Jennis, 1624.

Estimation : 3000 / 5000
Adjudication : 16000 €
Description
In-8 oblong, 8 f. (incluant le titre gravé), 212 f. dont 107 planches gravées (107 gravures et 105 feuillets de texte explicatif), 29 ff. blancs, reliure ancienne plein vélin au dos de laquelle on a superposé une pièce de veau brun, dos lissé, caissons ornés, titre manuscrit sur la tranche, reliure de l'époque modifiée probablement au siècle suivant (mouillures éparses aux angles d'une trentaine de feuillets sans atteinte au texte et aux gravures).
Le Viridiarum consiste en une suite de 107 planches finement gravées agrémentées d'épigrammes latines en regard surmontées d'un titre. Il s'agit de l'un des deux ou trois plus importants livres d'emblèmes de l'histoire de l'Alchimie mais également le plus rare, à l'exception sans doute de l'" Amphitheatrum " de Khunrath (1595). Un véritable livre muet qui décrit toutes les étapes du Grand Œuvre.
Daniel Stolcius de Stolzenberg fut " candidatus Medicinae " et poète reconnu en Bohême à la fin du XVIe siècle. Il poursuivit des études à Prague semble-t-il, à Marburg, puis, médecin et poète, il voyagea à travers l'Europe. On le trouve à Francfort, à Oxford, à Dantzig (Gdansk) où il exerce la médecine. On sait qu'il a été influencé par les théories de Paracelse et qu'il a été le disciple de Michel Maïer. L'alchimie qu'il présente est essentiellement centrée sur l'être humain. Selon lui, l'amour du feu est au cœur de la démarche alchimique : le feu génère et transforme, il soigne et guérit, il conduit au vrai et, par la grâce de Dieu, se transmet, se propage. Dans ce souci de transmission, l'auteur du Verger chymique reprend de nombreuses gravures alchimiques pour les commenter par des courts poèmes et les rendre intelligibles à ses lecteurs.
Ainsi se trouve décrit le processus alchimique, véritable passage par étapes successives de la décomposition à l'unification et à la pierre. L'œuvre nécessite un réel don de soi, une confiance débouchant sur une fécondité qu'illustre l'image du pélican ou celle de l'enfant. (Voir écrits de Fulcanelli et Canseliet).
Rien n'étant définitivement acquis ou réalisé, les opérations se renouvellent, s'affinent, touchent à diverses facettes de l'être et de l'univers, ce que C.G. Jung a évoqué à notre époque sous le terme de mysterium conjunctionis.
(Bolton I, 1048 ; Rosenthal, Bibl. Magic, 812 ; Duveen p. 565 ; Collection Vinci Verginelli, n° 131). Absent des collections Young, Hauser, Scott-Elliot, Sion House, Mrs Atwood, Guaita, Dorbon. Caillet et Ferguson citent un autre titre postérieur de cet auteur. Manque à la BnF.
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