Lot n° 38

Expédition De morée. Charles Hamart de Parpigne (Darney, Vosges 1786/1840), colonel d’artillerie. 20 L.A.S. à sa famille. “à bord de la Bellone”, “au camp devant Navarin”, “à bord du vaisseau Le Breslau”, “au camp près du château

Estimation : 1 500 / 2 000
Adjudication : 1600 €
Description
de Morée”, Modon, Malte et “à la hauteur de Scylla”, août 1828 - juin 1829. 57 pp. in-4. Adresses au dos avec quelques marques postales dont une seule de l’armée de Morée. Rare et très intéressante relation de l’expédition de Morée, qui rend compte des opérations militaires contre les Égyptiens pour libérer les places fortes du Péloponnèse et l’occupation de cette partie de la Grèce. [L’expédition de Morée est le nom donné en France à l’intervention terrestre de l’armée française dans le Péloponnèse, entre 1828 et 1833, lors de la guerre d’indépendance grecque]. Émouvant témoignage sur les difficiles conditions de vie, sur la découverte de la Grèce, etc. Débarquement des troupes, opérations dans le Péloponnèse, départ des troupes égyptiennes, prises des places fortes (Navarin, Modon, château de Morée). Au camp près de Navarin, 5 octobre 1828 «  […] l’amiral russe, qui est un homme de fort mauvais ton, dit à Ibrahim plusieurs choses ordurières qui ne lui plurent pas ; mais ayant une fois abordé la question des esclaves faits par Ibrahim et qu’on lui a fait relâcher, ce dernier l’embarrassa beaucoup en lui demandant si l’Empereur de Russie qui s’apitoyait si fort sur le sort de ces pauvres esclaves n’avait pas des hommes dans ses états !... Je suis allé reconnaître la forteresse de Navarin et j’ai vu les troupes d’Ibrahim [Le lendemain les troupes du Général Maison marchaient sur la forteresse et la faisait capituler]. Elles sont organisées sur le pied des Européens et même des Français : mêmes manœuvres, mêmes batteries de tambour, même armement ; mais l’uniforme est bien différent. Celui des capitaines égyptiens est joli et riche, mais les soldats sont sales et beaucoup d’entre eux sont déguenillés. Il y avait un régiment nègre habillé en rouge, on aurait juré une troupe de diables. J’ai été témoin de la discipline turque et j’ai vu casser des cannes en frappant sur de malheureux soldats qui, mourant de soif, voulaient sortir du fort pour venir auprès de nous chercher de l’eau ! Le 7 j’ai monté hier l’assaut, chère amie, pour entrer dans Navarin dont nous sommes en possession. C’était la scène militaire la plus burlesque qu’on puit imaginer […] ». Suit un récit très circonstancié de la prise de Navarin. JoInt : 4 L. S. du Général Gassendi (1808 - 1812), 2 L.A.S. de Hamart écrites durant l’expédition d’Espagne (1823), 1 L.S. du baron de Damas (1823), 1 L.A.S. du vicomte Lahitte durant l’expédition d’Alger (1830), cachet postal de l’armée d’expédition d’Afrique et quelques pièces d’état civil.
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