Lot n° 46

Guerre De La Quadruple alliance. Abbé Guillaume dubois (1656/1723), homme d’État, premier ministre. Lettre signée au maréchal duc de Berwick, 3 pp. in-folio. Paris, 6 mai 1719.

Estimation : 400 / 600
Adjudication : 550 €
Description
Superbe lettre stratégique au maréchal de Berwick commandant les troupes françaises, lors de la guerre de Quadruple alliance contre l’Espagne. « Le succès de vos premières hostilités fait ici un très bon effet […]. Il est certain que si quelque chose est sensible au ministre d’Espagne et peut le déconcerter et l’allarmer, ce sera si vous pénétrés du costé que vous avés commencé. Mylord Stair s’est mis dans la teste, que si on pouvoit pénétrer tout d’un coup jusqu’à Bilbao, et y porter un corps assés considérable pour pouvoir s’y soutenir pendant qu’on feroit les sièges de Fontarabie et de St Sebastien, on y feroit un grand establissement par la facilité qu’on auroit d’y faire un magazin de vivres par la mer, et on seroit en estat d’aller plus avant lorsque les susdits sièges seroient faits. Mais à veüe de païs, je me doute que vous trouverés ce projet impraticable ; et quoique les ennemis n’ayent pas de grandes forces à vous opposer, il ne faut pas s’exposer à de mauvais succès, dans un tems où le moindre feroit ici un scandale et un éclat horrible, par la mauvaise disposition des cabales opposées […] ». Il estime qu’un siège de Pampelune porterait un coup mortel au cardinal Alberoni, mais il lui laisse l’initiative de la stratégie à adopter. « J’ai dépesché ces jours passés un courrier en Angleterre, pour demander quatre vaisseaux pour croiser du costé de Fontarabie et de St Sébastien, et Mylord Stair en a écrit aussi : de sorte qu’il ne faut pas douter que vous ne les ayés incessament. Je ne scay pas ce que les Espagnols ramasseront du débrit de leur flotte dispersée en Portugal, sur les costes de Galice et à Cadix. Elle alloit prendre le duc d’Ormond à La Corogne ; mais elle ne put doubler le Cap Finisterre, et en y tachant, elle essuya les coups de vent qui l’ont dissipée. Le vaisseau que commandoit l’amiral Guevara est arrivé à Cadiz sans Mats ; et on croit qu’une grande partie de ce qui estoit dessus a péri […] ».
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