Lot n° 100

Richard wagner. Portrait photographique, avec dédicace autographe signée. Genève, 8 février 1866. Dimensions de la photo : 42,8 x 30,5 cm ; dimensions du montage : 59 x 45,5 cm.

Estimation : 3 000 / 4 000
Adjudication : 3200 €
Description
très grand et rare portrait photographique de Richard Wagner par Friedrich Bruckmann. Sur le montage, Wagner a écrit cette dédicace sur une carte du photographe Steinberg, installé « perspective de Nevsky, au coin de la rue Michel, maison Mestchersky, n°38 » [à Saint-Pétersbourg] : « À monsieur Pirondi, Richard Wagner, toujours encore au doigt souffrant. Genève 8 févr. 66 ». [Le chirurgien François Simon Sirus Pirondi (1811/1908), fut membre de l’Académie de médecine ; il était aussi un musicien amateur accompli. Dans ses Mémoires, Armand de Pontmartin raconte qu’il chantait Verdi et Wagner, sur scène avec son ami Ivanov, accompagné de l’orchestre de la ville de Marseille]. La liaison de Wagner avec Cosima von Bülow puis la naissance de leur fille naturelle Isolde, en 1865, firent scandale. Le compositeur tombe alors en disgrâce auprès des membres de la Cour de Bavière, qui le soupçonne d’influencer de façon néfaste le jeune roi Louis II, qui dilapide des sommes disproportionnées pour son maître ; Wagner est contraint de s’exiler en Suisse. Le 6 décembre 1865, il quitte la Bavière et le 23 décembre s’installe à Genève dans la villa «  Les Artichauts  », près du jardin des Cropettes. Il se remet alors à la composition des Maîtres Chanteurs de Nuremberg qu’il avait interrompue en été 1864. Le 21 janvier 1866, il quitte momentanément Genève pour voyager dans le sud de la France [peut-être y rencontra-t-il le docteur Pirondi qui exerçait à Marseille ; le dos du carton d’encadrement porte l’étiquette « Carlos Braun, 32 rue Grignan, à Marseille »]. De retour à Genève, il apprend la mort de son épouse Minna restée en Allemagne, mais ne se rend pas aux obsèques. Il s’installe alors à Tribschen, près de Lucerne, avec Cosima, sur les rives du lac des Quatre-Cantons. Ce portrait est inconnu de toute l’iconographie wagnérienne que nous avons pu consulter.
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