Lot n° 108

Jean-Jacques Huvé. L.A.S. à Mme de Boullongne. 3 pp. in-4. Paris, 8 février 1771. Magnifique lettre entièrement consacrée à l’aménagement des jardins et du parc de Magnanville. Il lui adessiné deux bosquets et ne pouvant se rendre à

Estimation : 2 000 / 3 000
Adjudication : 1900 €
Description
Magnanville, commente son travail. « J’ay eu pour entrave en composant ces bosquets le milieu de la cour du château, l’enfilade des appartements, et l’axe de votre boudoir : il fallait que ces trois points de vue répondissent à des objets intéressants, sans gêner la disposition générale ; c’est ce que j’ai tacher de faire. Le milieu de la cour et l’enfilade des appartements se prolongent sous deux allées terminées par des cabinets de verdure, et l’axe du boudoir est à peu près celui des pièces du milieu […] ». Il envisage d’aménager « deux grandes salles » différentes par leur forme et leur décoration. « La première serait un carré long entouré de portiques en arbres, avec des cabinets dans les angles, au milieu de cette pièce on pourrait faire des corbeilles et des bosquets de fleurs : au delà des allées en portiques à droite et à gauche, seraient d’autres bosquets plantés en arbustes de différentes natures. Les deux bouts de cette grande salle ne seraient terminés que par des arbres taillés en arcades pour laisser apercevoir ce qu’elle contiendrait et la pièce circulaire qu’elle précède. Cette seconde partie est susceptible de tous les agréments que l’on voudra se permettre ; on pourrait en faire une espèce de parnasse, en élevant au centre un petit temple en colonnes élégantes, sur une base de rochers factices, au milieu desquels serait pratiquée une grotte fort agréable lité par son ombre et sa fraicheur. Il ne manquerait à cela que de l’eau, il serait à souhaiter que sur ces rochers, dans cette grotte on en vit bouillonner, et qu’elle format un ruisseau autour de cette colline artificielle […]. Le temple serait celui d’Apollon, on yparviendrait par des sentiers pratiqués entre ces rochers, et de ce temple on découvrirait les cabinets des muses et des grâces distribués dans les massifs qui terminent ce prétendu sacré vallon […], ce qui ferait allusion aux difficultés des beaux-arts que l’on apprend à vaincre que chez le Dieu du goût […] ». très rare lettre sur l’art des jardins au xviiie siècle.
Partager