Lot n° 450

MALLET-JORIS, Françoise"Lettre à soi-même. Manuscrit. Essai", [1961]. Manuscrit aut., titre sur les plats sup., mentions aut. d'identification et d'adresse ("4 rue Royer-Collard Paris 5" et "Rapporter contre bonne récompense") au début du 2e...

Estimation : 3000 / 3500
Adjudication : Invendu
Description
cahier.
Dans 2 cahiers d'écolier à spirale, 21 x 17,5 cm, couv. cart. bleues (lég. décol.), [6]-49-[4], [1], 50/93-29-[4] ff. + 2 ff. volants dans le 2e cahier. Bonne condition.  Intéressant manuscrit de travail, complet, de premier jet, probablement basé sur des notes et journaux antérieurs car il présente relativement peu de ratures. Rédigé en belle page au stylo-bille avec qqs ff. au crayon, les pp. de g. présentant des notes, pense-bête, etc. Ecriture compacte mais bien lisible. Rédigé c. 1960-61 (l'auteure se présente comme une femme de 30 ans), l'ouvrage parut en 1963 chez Julliard sous le titre "Lettre à moi-même". Si la structure en trois chapitres de l'ouvr. est déjà présente, le manuscrit présente d'importantes différences par rapport au texte définitif, tant au niveau de sa rédaction qu'au niveau de la disposition des passages. Ainsi, de nombreux passages ont été ajoutés, développés ou modifiés (notamment ceux dans lesquels elle met en scène certains de ses amis dont elle a changé les prénoms, "après ce livre, je n'en aurai plus aucun [ami]"). Cert. passages ou allusions ont été supprimés, notamment ceux dans lesquels l'auteure critique nominativement... certains critiques. A noter l'importance des ff. non foliotés qui contiennent notamment les thèmes de l'ouvr. (le "catalogue", l'état de nature, la vérité dans l'art, le plaisir d'écrire...), un "plan de travail" (barré), des "notes prises dans des livres" ou des pense-bête, des réflexions ("Une chose m'embarrasse. Je crains après la parution de ce livre de ne plus pouvoir passer pour une idiote"). Important ouvrage en partie autobiographique, présentant les réflexions et les interrogations de la jeune écrivaine à succès sur son image ou l'image que donnent d'elle les magazines et les critiques, l'écriture (avec plus. allusions au "Nouveau Roman" alors à ses débuts), la vérité, le mensonge, les personnages, Dieu... Fr. Mallet-Joris née Lilar (Anvers 1930) avait reçu le Prix des Libraires en 1956 pour "Les mensonges" et le Prix Femina en 1958 pour "L'Empire céleste". Ex-membre du comité du Prix Femina et de l'Académie Goncourt, elle est depuis 1993 membre de l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique, où elle occupe le fauteuil de sa mère Suzanne Lilar (1901-1992). 
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