Lot n° 540

Dumas, Alexandre - Le Mousquetaire. Journal de M. Alexandre Dumas. Edition quotidienne. Du lundi 1er janvier 1855, n. 1 au lundi 31 décembre 1855, n. 365.  Paris, s.n., 1855

Estimation : 500 / 800
Adjudication : Invendu
Description
2 vol., gr. in-folio (pliures d'envoi, qqs rouss., piq., bruniss., déchir. marg., etc., qqs numéros intervertis lors de la reliure), demi-percal. brune à coins (plats frottés, coins émoussés), dos lisses, étiq. de cuir titrée or (défect.). Ex. en assez bonne condition d'époque.  Très rare année de cette édition quotidienne (il existait aussi une édit. hebdomadaire), presque complète, avec chaque numéro comptant 2 ff. : manquent n. 51, 1er f. du n. 42 et dern. ff. des n. 208 & 249; découpures de taille variable dans 12 numéros. L'édit. quotidienne de ce journal parut entre le 12/11/1853 et le 7/2/1857. En 1854 déjà, une partie des membres de l'équipe de Dumas, peu ou mal payés, avait fait défection. En 1855, on trouve e.a. au rez-de-chaussée la suite des "Mohicans de Paris", de très nombreux articles de Dumas père, des oeuvres de Dumas fils, des articles ou poèmes par Méry, E. Deschamps, E. Maynard, B.-H. Revoil, la comtesse Dash, Albertine Philippe, A. Houssaye, des traductions de Mayne-Reid, N. Hawthorne, des nouvelles théâtrales, des causeries... Dans le n. 30, déploration de la mort de Gérard de Nerval, dans le n. 184, nécrologie de Delphine de Girardin, dans les n. 198 sq., mort de Marie Dorval... "'Le Mousquetaire' naît en 1853, au moment où Dumas ressent le besoin d’agir pour surmonter le désastre qu’a représenté pour lui la fin de la Deuxième République. Ruiné par l’échec de sa salle de spectacles, le Théâtre-Historique et par la construction de sa villa de Monte-Cristo, il a fui ses créanciers et la France de Napoléon III à Bruxelles, où il a partagé l’exil de Victor Hugo. Il tente de mettre de l’ordre dans le chaos en racontant sa vie : ses "Mémoires" sont publiés dans "La Presse", le journal d’Emile de Girardin, mais la censure en menace la publication, comme elle arrête son roman "Isaac Laquedem" et fait suspendre les répétitions de ses pièces de théâtre. Puisqu’on lui interdit de gagner sa vie en plaçant ses écrits, Dumas va se doter de son propre espace d’expression : un journal non-politique, qui ne sera pas soumis à la censure ni au timbre, mais dans lequel il s’auto-éditera et pourra pratiquer une opposition sourde avec des moyens proprement littéraires (...). Le "Mousquetaire" n’a pas pour seule ambition de faire rempart à la morosité ambiante : il est aussi le terrain d’expérimentation d’une nouvelle forme de journalisme, amusant sans être vulgaire, cultivé sans être élitiste, en prise avec l’actualité sans être proprement politique (...)" (alexandredumas.org/Corpus/Journaux?ID=4).
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