Lot n° 137

Catalogne. Philippe De La mothe-houdancourt (1605/1657), maréchal de France, vice-roi de Catalogne. 12 L.A.S. au maréchal de Brézé, 26 pp. in-folio. « Au camp devant Vals », Lérida, Valls et Montblanc, septembre - décembre 1641.

Estimation : 1 200 / 1 500
Adjudication : 1600 €
Description
Soulèvement de la Catalogne et son ralliement à la France. Promu lieutenant général des armées du roi en 1641, La Mothe-Houdancourt est envoyé à l’armée de Catalogne sous les ordres du prince de Condé pour soutenir le soulèvement de cette province en lutte contre l’Espagne et qui s’est donnée à la France, sous la réserve de conserver ses privilèges. La Mothe-Houdancourt y mène 5 000 hommes de troupe, et part à l’assaut de Valls. Il est chargé de prendre le contrôle de cette nouvelle province française. très belle et intéressante correspondance militaire dont nous ne pouvons citer que quelques passages. Lérida, 27 novembre 1641. « M. Du Terrail ayant heu ordre de moy de s’en aller ce quinze de ce mois visiter Constantin, fit rencontre d’un bataillon de deux cents hommes des ennemis, qu’il chargea sy vigoureusement qu’il les défit en prit six vingts [cent vingt] et le reste tués ou blessés. Les prisonniers ont esté envoyés à Barcelone. Je vous avois mandé monseigneur comme quoy les ennemis qui sont tousjours à Tamari se préparoient pour aller prendre leurs quartiers d’hiver, mais depuis leur général a esté rappellé et on leur a envoyé ordre de demeurer en ce poste en attendant l’arrivée du marquis de Leganais qui doit venir avec une partie des troupes qui estoient destinées pour le Portugal. » Il lui adresse une lettre de Du Terrail disant que les Espagnols préparent une entreprise du côté du col de Balaguer, « à quoy je n’ay pas grande foy parce que les nouvelles que j’ay de tortose sont qu’ils n’ont au plus que cinq cens chevaux et environ deux mil hommes de pied, mais je sçay certainement qu’ils font tous leurs efforts pour se fortiffier. Je suis obligé monseigneur de vous dire que vos troupes sont en très mauvais estat à cause du peu de paiement qu’ils reçoivent et de la cherté des vivres [...]. J’ay aussy envoyé des espions à Vineros et aux Alfages pour sçavoir sy les ennemis n’y embarquent et ce qu’ils font, s’ils n’entreprennent rien de deça, et qu’ils embarquent à Taragonne […] ». Il donne de nombreux détails stratégiques et raconte la manière dont les habitants d’un village, qui avait logé deux compagnies de cavalerie, se sont retournés pour les livrer à l’ennemi ; s’étant réfugiés dans l’église, les soldats se rendirent trop rapidement avant que ses troupes du maréchal n’eurent le temps d’intervenir. JoInt : manuscrit de 5 pp. in-folio, en très mauvais état (rongé), relation de l’expédition de La Mothe-Houdancourt pour secourir Alméras, occupé par les Français et menacé les Espagnols.
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