Lot n° 138

Narbonne, perpignan Et La roussillon. Hercule vauquelin Des yvetaux (1605/1678), intendant du Languedoc ; il était également poète. 16 L.A.S. au maréchal de Brézé, 39 pp. in-folio. Narbonne, décembre 1641 - février 1642.

Estimation : 1 200 / 1 500
Adjudication : 1500 €
Description
Soumission du Roussillon. La Catalogne ayant fait soumission à la France, le maréchal de Brézé en est nommé vice-roi. Il rejoint ce pays en novembre 1641, et affronte des détachements espagnols devant Collioure le 20 décembre. Après des combats particulièrement sanglants, il marche sur Perpignan, bat un corps ennemi de 1 500 hommes et leur prend 250 chevaux ; mais il est pris de vitesse par le marquis de Torracusa, qui réussit à battre la cavalerie française et peut ainsi ravitailler Perpignan. Mais Richelieu veut forcer l’Espagne en la menaçant directement. Il se met en route avec Louis XIII et, bien que tous deux malades, partent avec une armée pour conquérir le Roussillon. Richelieu doit s’arrêter à Narbonne mais le roi engage le siège de Perpignan. Belle et intéressante correspondance de l’intendant du Languedoc, qui a pris ses quartiers à narbonne, sur l’organisation militaire et la logistique lors de la campagne du Roussillon. Nombreuses considérations sur le ravitaillement des troupes, l’envoi de canons et de munitions, la réalisation d’un hôpital de campagne, l’arrestation de déserteurs, les réquisitions, l’envoi de dépêches au prince de Condé, le transport et distribution de fonds, l’envoi de forçats et de soldats, l’arrestation de contrebandiers, les instructions pour les prisonniers et les galères échouées, ainsi que les maux supportés par la province à cause de la présence des troupes, et approvisionnement de Perpignan. Narbonne, 16 décembre 1641. «  Me voicy de retour à Narbonne pour obéir à vos ordres que j’ay commencé d’exécuter en ce qui regarde les déserteurs ayant fait de même une ordonnance pour enjoindre aux consuls de cette province d’arrester tous les gens de guerre qui passeront par leurs villes sans vostre passeport et pour vous témoigner monseigneur que je tache de faire ce qu’il vous plaist me commander, j’ay moy mesme arresté un déserteur gendarme de la compagnie de Mons. le conte d’Alets, que j’ay laissé aux consuls de Loupian qui le feront demain conduire icy d’où je l’envoiré à l’armée à la première commodité. Il y a si peu de bétail propre à la voiture des avoines que je ne croy pas que nous en puissions faire porter par terre […]. Je suis au désespoir daprendre à mon arrivée que les entrepreneurs de la fourniture des pailles ayant si mal fait leur devoir, je vay les presser vivement ; jatan de Mr de Rancé le mémoire des choses nécessaires pour l’hôpital. Jentends de Mr d’Alliez que vous désirez l’établir dans le camp, jenvoye quérir présentement le père jésuite qui en a esté le directeur tout ce temps passé affin de préparer par son advis ce qui est nécessaire […]. Les frégates d’Andouville et terrisse ont esté entretenues pendant ce quartier d’hiver pour garder la coste et il ne reste plus de fonds pour leur entretenement que jusqu’à la fin de ce mois ; je vous supplie monseigneur de me commander si vous désirez que l’on les licentie ou s’il vous plaist que l’on les retiene auquel cas faites moy sçavoir s’il vous plaist sur quel fond […] ».
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