Lot n° 263

Alfred de FALLOUX. 2 brouillons autographes de discours, [1851 et 1859] ; et 2 L.A.S. « Alfred », [juin-juillet 1851], à sa femme ; 4 et 3 pages in-fol., et 6 pages in-8 avec une adresse.

Estimation : 200 / 300
Description
Discours parlementaires du député du Maine-et-Loire. Sur le projet de révision de la Constitution [qui eût rendu rééligible le Président de la République, et que Falloux a défendu à l’Assemblée le 14 juillet 1851] : « Avons-nous le droit de révision ? Dans quelle mesure ? Il faut la révision pour la réforme de la loi électorale. Il faut la révision, car le suffrage universel ne suffit pas pour protéger la société comme ses partisans l’avaient promis et elle n’a été attaquée depuis 3 ans que par les fauteurs prétendus du suffrage universel »… Etc. – Sur les inégalités sociales [1859] : « Il faut défendre la société moderne, car si elle est déjà, au bout de 60 ans, usée, épuisée, nous sommes le plus versatile, le plus coupable des peuples et loin de servir de modèle à l’Europe nous deviendrions pour elle un objet de méfiance, et de risée. Il faut défendre le christianisme, car seul en introduisant la charité, l’amour entre les droits absolus des citoyens les uns vis-à-vis des autres, seul, il possède la solution des problèmes qui nous divisent »… Champlatreux Mercredi [juin]. En « pleine crise bonapartiste », Molé est parti avec M. de Melun pour la commission de permanence. Le fond de « cette bagarre » est mystérieux : « Il semble cependant que le Président, effrayé de la candidature Joinville malgré son fiasco actuel, et convaincu surtout qu’il ne peut plus tirer aucun parti de l’Assemblée, veut tenter enfin son coup d’état, réformer la constitution à lui seul, et faire sanctionner ses mesures par un appel au peuple à l’abri de l’état de siège appliqué en 86 départements. Le ministère a été congédié hier […] et il est certain que le Président n’a plus qu’une chance de reculer c’est de ne pas trouver sept personnes qui s’associent à son entreprise »… Avec les ducs de Noailles et de Valmy, il attend Berryer… [Paris 17 juillet]. « Dieu ne peut pas avoir condamné une cause à laquelle il envoie tel défenseur [Berryer]. […] L’assemblée d’un cri unanime a proclamé que rien de pareil n’existait dans les annales d’aucune tribune. Pour moi, la journée d’hier a été après le bonheur de vous aimer, la plus vive jouissance de ma vie : celle de voir Mr le Cte de Chambord à Paris l’égalera, mais ne la surpassera pas »… On joint un feuillet de comptes autographe ; et 3 lettres à lui adressées, par Marguerite de Blessington (Londres 1841), Ignaz von Döllinger (Munich 1838 : notice biographique de Joseph Görres)...
Partager