Lot n° 282

GUERRE 1914-1918. Carnet autographe signé du caporal infirmier Émile Lala, 7 août 1914-14 juillet 1915 ; carnet in-12 de 38 pages au crayon et à l’encre, couverture de toile avec nom et signature.

Estimation : 250 / 300
Description
Carnet de guerre d’un infirmier, avec des notes de Lala, caporal infirmier à la 16e section d’infirmiers, 37e Division, 2e Ambulance, 5e et 6e Armée, retraçant sa mobilisation, les trajets de son ambulance, ses haltes et l’accueil qui lui est réservé dans chaque ville, la distribution des vivres et les difficultés de ravitaillement, ses conditions d’hébergement... Parti de Decazeville le 7 août 1914, il se dirige vers Perpignan puis Lunel où il prend connaissance du matériel qui constitue son ambulance : « Nous y trouvons les médecins-chefs et tous nos officiers »... Départ le 14 août, par Nîmes, Tarascon, Avignon, Orange, la région parisienne... Les trajets sont pénibles : « couche en wagon à bestiaux »... Le 17 août, dans les Ardennes : « départ à 6 h pour Bourg Fidele, 22 km sac au dos, on arrive péniblement [...] Le vin n’est plus abordable on achète de la bière à 0,20 le litre »... Le 18 août, la section passe la frontière : « Les Belges sont très affables pour nous »... Couvin, Nismes, Merlemont, Fosses : « Après avoir marché toute la nuit (marche forcée) [...] nous arrivons sur la ligne de feu vers les 7 h »... Traversée du village de Furnaux, « au milieu de tirailleurs algériens et de 2 batteries d’artillerie, […] nous avons conscience du danger. Quelques uns de nos canons tirent par intermittence. Un obus ennemi tombe à 200 m de nous. Nous revenons en arrière [...] on apprend que le village où on devait aller était en possession des Allemands »... Arrêt près de Villers-le-Gambon : « Les Ulhans sont tout près de l’endroit. Nous courrons le risque d’être fait prisonniers […] Notre ambulance ferme le convoi interminable »... Arrivée à Mariembourg : « Les familles belges fuient affolées emportant ce qu’elles ont de plus précieux »... Sa section passe la frontière française le 25 août... En retraite et talonnée par l’ennemi, elle passera ensuite par Tavaux, Montigny-sous-Marle, puis la ligne de feu de Faucouzy, Laon, Sézanne, Villenauxe, Neuvy, Nogent-sur-Seine, Versigny, Joux... Une page a été arrachée, le récit reprend à la mi-septembre... Le 17, le château dans lequel l’ambulance est installée dans l’Oise est pris par les Allemands, « qui n’ont pas respecté le drapeau de la Croix-Rouge de notre ambulance qui flottait sur le château »... Menacés d’être fusillés, ils sont défendus par leurs malades, prisonniers allemands, et sont faits prisonniers : « Nous sommes assez bien traités [...] Ils nous disent qu’ils n’en veulent qu’aux Anglais »... Les récits pendant la détention sont moins réguliers... Le carnet s’achève sur le renvoi en France le 13 juillet 1915, et le chaleureux accueil à Lyon ; Lala regagne Decazeville le 14 juillet. On a joint une photographie de groupe de la 2ème section.
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