Lot n° 452

Paul DUPIN (1865-1949). 3 LAS, Paris 1925-1935, au critique musical CAROL-BERARD ; 15 pages in-8, une enveloppe.

Estimation : 200 / 250
Adjudication : Invendu
Description
BELLE CORRESPONDANCE EVOQUANT LA DURETE DES CONDITIONS DE VIE DU MUSICIEN. 17 mai 1925 : « Votre article est fortement construit, intense et courageux. Au sujet des années vouées par force à une profession étrangère à ma vocation, je vous remercie de n’en avoir parlé que pour faire ressortir combien j’y étais mal préparé par mon atavisme et mon éducation. Mais ce que vous auriez difficilement pu faire comprendre... c’est que si j’avais été plus intelligent, j’aurais basé mon programme seulement sur la connaissance de ce qu’est réellement l’évaluation d’un ensemble de gestes qui forment la manifestation d’un caractère, et non pas sur la signification seule de ces gestes, c’est-à-dire tout ce par quoi, en fin de compte, j’ai insuffisamment servi la musique ayant montré ainsi plus de bêtise véritable que d’admissiblement – à notre époque – compréhensible ferveur »… – 28 octobre 1935 : « Après avoir vécu une longue série de ces pénibles moments, j’ai vu une fois de plus que tous ces assauts de la vie démoralisante ne pouvaient rien contre mon enthousiasme. Seulement, on n’a pas toujours le moyen de prendre sur soi-même, dans les jours de famine, un réconfort comparable à celui qui apporte à l’artiste isolé le témoignage d’estime de quelques esprits bienveillants ». Il demande l’aide de Carol-Bérard, sa situation est « tragique : je vis absolument au jour le jour »... – 5 novembre 1935, au sujet de sa retraite : « depuis près de 3 ans, ma vue, qui était déjà mauvaise, a considérablement baissé : atteint de diplopie, je ne puis plus supporter la grande lumière ni être le soir dans un milieu très éclairé. Je ne sais si ce sera l’hémorragie ou la paralysie » ; et il évoque avec émotion Georges Enesco, qui a envoyé un secours au pauvre musicien…
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