Description
aspect n’est pas ou très peu signalé dans les causes de la rupture des groupes, les raisons artistiques et surtout politiques étant très régulièrement mises en avant. Le climat de défiance, financier, aexacerbé les différents idéologiques. Chaque section, française, belge, tchèque, devaient participer, par tiers, au financement de la revue et de ses activités. Les français, comme on l’a vu avec la correspondance Raymonde Aynard avaient trouvé momen-tanément une solution, les tchèques, ayant réunis les fonds, se trouvèrent pour leur transfert confrontés à des problèmes douaniers et l’argent bloqué. • Arnaud à Jaguer. Las, 2 pin-4 à en tête du Groupe surréaliste révolu-tionnaire, datée mercredi soir: « Il faut absolument que le groupe belge soit mis en face de ses responsabilités financières. Depuis qqtemps, à chaque fois que je parle à Dotremont de la participation belge aux dépenses de la revue, je m’entends répondre que c’est une affaire de trésorerie, que cela concerne Bourgoignie etc..… La revue ne peut paraître que si la part belge arrive… Depuis plus de deux mois, chaque semaine Dotremont annonce l’arrivée de cette somme; et elle ne vient pas… » • Arnaud à Jaguer, première page tapuscrite, datée 19 mai 1948. Dotre-mont aremis des comptes « et il semble d’après eux qu’il ne nous doive plus rien sur l’argent belge. » La responsabilité de Dotremont est largement mise en cause. Il fait souvent faux bond aux rendez-vous fixés afin de justifier de ses engagements. • Noël Arnaud, René Passeron, Jaguer. L. tapuscrite, 7 juillet 1948, 2 p. in-4, « Noël Arnaud, René Passeron et édouard Jaguer, ayant attendu jusqu’à une heure tardive l’arrivée de Christian Dotremont, avec lequel ils avaient convenu d’un rendez-vous pour 21 heures précises à effet de discuter amplement tous les problèmes en cours su la gestion de la revue… ainsi que de la participation belge aux frais d’impression de la dite revue, et d’éclairer ensemble l’état des comptes remis en plusieurs fois par Christian Dotremont. Constatent l’absence du susdit… ». Ils concluent ainsi leur lettre: « Font confiance au groupe surréaliste-révolutionnaire en Belgique pour rappeler à Christian Dotremont ses responsabilités dans tous les domaines, afin d’éviter un krach scandaleux du S. R. ». Dotremont se justifie et pense solder, par un rapide calcul, 3500 Fdonnés de la main depuis le début de l’année [1948], 12000 Fcorrespondant à une re-mise obtenue de l’imprimeur, 3250 Fremis à Arnaud [15 mai] 8400 Futilisés en Belgique pour des frais de fabrication. Reste que Dotremont se retrouve débiteur malgré l’apport, entre autres moyens de règlement financier, d’un kilog de café estimé à 800 F. Ces comptes qualifiés, brouillon (• brouillon las de Jaguer daté 1er août, 2 p. in-4), d’impressionnistes ou cubistes, il se pro- pose de rédiger « une petite glose sur les deux versions de compte général, glose que je te demanderai, ainsi qu’à Arnaud, de contresigner, ladite signature devant entériner, et enterrer, une bonne fois, la validité réciproque et relative des dites versions ». La section belge avait récolté 20000 francs qui étaient destinés à l’imprimeur belge Collet, or Dotremont étant son débiteur du mon- tant de cette somme. Collet s’est donc remboursé sur cet apport et l’a évincé du poste de secrétaire de rédaction de la revue Le Livre. Dotremont accusant alors Passeron d’avoir incité l’imprimeur à cette action. • RENÉ PASSERON, las 2 p in-5, datée samedi 7 août 1948, à Jaguer. « Ainsi donc nous sommes là. Acculé à l’aveu par l’exposé accablant des faits. Dotre- mont m’accuse paraît-il de l’avoir fait vider de chez Collet! C’est du délire… Décidément ce SR aura été néfaste à l’amitié. J’aimais Dotremont et j’aimais Bonnefoy. Du premier je suis séparé par les développements d’une mauvaise querelle. Du second par un mauvais travail de langues. Qu’y a t’il de réparable là-dedans? Tout je l’espère avec le temps… » La revue fini par paraître et être mis en diffusion. Là encore les récriminations sur Dotremont pleuvent. • NOËL ARNAUD À JAGUER. Longue lettre manuscrite avec des collages tapuscrits de 6 pages. Paris, le 8 août 1948. Compte rendu de sa visite aux libraires et résultat des ventes faites par ceux-ci; puis longues réflexions sur les rapports financiers, « histoire des comptes Jaguer-Arnaud et Bourgoignie-Dotremont ». Il joint la copie de sa lettre à Passeron à propos de Dotremont: « Dotremont a exigé du groupe belge le vote d’une motion approuvant ses actes et le lavant de tout reproche… malgré tout la motion qui sera publiée est assez loin de celle qu’il avait présentée… La conclusion c’est qu’Havrenne… a décidé de « ne plus laisser à Dotr. ni la direc- tion rédactionnelle ni la direction financière d’aucune entreprise commune de publication ou autre ». • NOËL ARNAUD, l. tap., 1 p 1/2 in-4, monogramme manuscrit NA, 16 août 1948, à Léonce Rigot. « Pendant on séjour à Paris, le Secrétaire général du BISR, le grand homme d’affaires Dotremont a été évidemment trop absorbé par ses relations mondano-cafetières pour se préoccuper, même vaguement, de la diffusion de la revue en Belgique. Ce sont ces affaires qu’on laisse à la valetaille le soin de régler. » Léonce Rigot répond à Noël Arnaud qui en fait un compte rendu à Jaguer. • ARNAUD À JAGUER, 1 l. tap., 1 p 1/4 in-4, signée. « L’intègre M. Dotremont n’attache plus d’importance à un texte une fois qu’il est imprimé. En cette occurrence comme en d’autres, cela lui évite de s’occuper de tout ce qui est emmerdant: diffusion, finances, factures etc… ». • JAGUER relance les éléments français du groupe, brouillon las 1 p. A5, sd, « Nous comptons sur toi pour t’acquitter au plus vite, soit par versement direct à Raymonde Aynard ou à Noël Arnaud ou à moi-même… » Dotremont prépare avec des membres scandinaves une structure de réflexion artistique et politique et pour se faire organise une collecte afin de faire paraî- tre une publication. Cette information arrive aux oreilles de Jaguer. • ARNAUD À JAGUER, las 2 p in-4, le 4 sept. 48. « Un document - qui m’a été communiqué en confidence et dont par conséquent nous ne pouvons faire état - confirme noir sur blanc ce que nous savions ou pensions des projets de Dotre- mont. Dans cette lettre du 18 août adressée à Jorn… D. invite les danois à participer à une revue sous sa coupe et indique nettement qu’il a fait ou fera appel également aux tchèques. » • JAGUER À DOTREMONT. Brouillon las 1 p in-12 datée 8 septembre 1948. Il lui rappelle les dettes du groupe expérimental scandinave, dettes faisant suite au non financement de la revue. « Avant de t’engager dans de nouveaux travaux, il convient de régler au plus vite cette dette… je compte sur ta conscience mili- tante ». La situation s’envenime et se terminera par la fondation, le 7 novembre 1948, autour de Dotremont, du groupe scandinave, Jorn, Appel, Corneille, Noiret, Constant du groupe Cobra. • JAGUER À DOTREMONT, brouillon las 2 p. 15 juin 1949, qui se fait tirer l’oreille pour rembourser Raymonde Aynard et Doucet. Ce dernier lui a confié la vente d’une lithographie de Chagall, pensant « pouvoir s’acquitter de sa dette » grâce à la vente de la litho « et en retirer… quelque bénéfice personnel qu’il aurait partagé avec [lui] ». « Quoiqu’il en soit, tu es reparti en Belgique sans avoir donné l’argent - ni à Doucet, ni à Aynard, qui s’estiment tous deux doublement lésés - d’abord parce que dans leur esprit et dans le mien, le Cha- gall devait atteindre au moins 2500 F français, et ensuite parce que tu n’as même pas versé aux intéressés la piètre somme qui leur revenait de droit. »