Lot n° 134

[VOLTAIRE]. Alexandre de Dompierre d’Hornoy (1742-1828) conseiller au Parlement de Paris, conseiller d’État honoraire, petit-neveu de Voltaire. 2 L.A. (minutes, une signée), 18 frimaire IX (9 décembre 1800) ; 2 pages in-4 et 1 page in-fol.

Estimation : 500 / 700
Adjudication : 1000 €
Description
Au sujet d’un projet de réunir le corps et le cœur de Voltaire [transporté à Ferney par son ami le marquis de Villette, acquéreur de Ferney, le cœur y resta jusqu’en 1864 ; les héritiers du fils du marquis, peu désireux de recevoir l’organe, le firent accepter par la Nation, et le cœur fut déposé à la Bibliothèque nationale]. – À Chaptal, ministre de l’Intérieur. Apprenant que le préfet de l’Oise, qui réclame pour Ermenonville les cendres de Rousseau, sollicite Mme de Villette pour la restitution des dépouilles de Voltaire, il proteste contre cette usurpation des « devoirs sacrés » de la famille. Il rappelle qu’on voulait enterrer Voltaire à Ferney, dans le tombeau qu’il avait bâti ; mais que des circonstances ont fait qu’on a dû s’arrêter à l’abbaye de Scellières, où il a été inhumé. « Mr de Voltaire n’a jamais disposé de son cœur en faveur de Mde de Villette. Pendant l’embeaumement son mari l’a pris. Mr de Voltaire était mort chés lui, il aimait tendrement Mde de Villette. Nous avons toléré plus qu’authorisé l’apparence d’un don que nous n’avions reellement pas le droit de faire »... Mme de Villette ne peut ignorer « que si le gouvernement permet de disposer des restes de mon grand oncle c’est moi seul qui peut et qui doit en faire la disposition »... – Au Préfet Cambry. Ayant rappelé à nouveau ces faits, il souligne que c’est par respect et par amitié pour Mme de Villette que « Mde Denis Mr l’abbé Mignot et moi sa niece son neveu et son petit neveu nous ne voulumes point lui contester une possession que nous n’avions reellement pas le droit de lui accorder. [...] Nous n’avons pas pu nous opposer a son transport au Pantheon mais s’il en doit sortir il ne peut etre rendu qu’a moi »...On joint une copie d’époque de ces deux lettres, et une copie ancienne d’échanges entre Dompierre d’Hornoy et Emmanuel de Pastoret [alors procureur général syndic du département de Paris], juillet 1791, relatifs à la translation des cendres de Voltaire au Panthéon.
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