Lot n° 9

Charles MAURRAS. L.A.S. (à la comtesse de Dreux-Brézé). Samedi soir, (20 septembre 1891).

Estimation : 200 / 300
Description
6 pp. in-8.

Évoquant sa vie parisienne qu’il compare à ses séjours à Martigues ; (…)

Paris me douche. Riez-en, s’il vous plait. Mais rien n’est plus vrai. Paris me refroidit, parce que j’y retrouve mille occasions de me dépenser, parce que la longueur des courses à pied mate mes ardeurs cérébrales, parce qu’enfin, j’y trouve de plus aliénés que moi (…).

Seul face à face avec moi-même, je deviendrai très vite fou. Martigues, au lieu de me calmer, m’exaltait bien plutôt. Puis, ce vent, cette mer, ce soleil, ces syllabes de provençal (…), cette chambre solitaire où je passe ma vie tête à tête avec des milliers de souvenirs, tous de teinte un peu sombre, l’ennui enfin (…) en mon coin de Provence, concourt à me fêter un peu (…).

J’aime le paysage parisien pour sa profonde nullité qui me permet d’appartenir tout entier à mes songeries. Homère en Ionie, avait besoin d’être aveugle pour combiner en paix ses mètres et ses rythmes. La beauté du ciel grec l’eut envahi et certainement annulé sans cela. La laideur des brumes d’ici nous dispense vraiment de cette infinité (…).

Il évoque ensuite longuement les travaux du poète Moréas et de Raymond de La Tailhède.
Partager