Lot n° 111
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Sélection Bibliorare

CORRESPONDANCE DE FRANÇOIS-RENÉ DE CHATEAUBRIAND Exceptionnel ensemble de soixante-deux lettres autographes écrites au vicomte Lodoïs de Marcellus, premier secrétaire d'ambassade à Londres par François-René de Chateaubriand, célèbre...

Estimation : 25 000 / 35 000 €
Description
écrivain français et ambassadeur de France au Royaume-Uni (1822-1823).

Plus de deux-cents pages manuscrites qui retracent la vie et les sentiments du célèbre
écrivain à l’égard de la politique européenne pendant ces deux années (1822-1823) au
cours desquelles il fut un des plénipotentiaires au congrès de Vérone (20 octobre 1822) où
il fit décider l'expédition d'Espagne menée par la France, en avril 1823, afin de rétablir le
roi Ferdinand VII sur son trône à Madrid.
Certains extraits de cette correspondance furent publiés en 1853 par le vicomte de
Marcellus dans son ouvrage « Politique de la Restauration ». Cependant la retranscription des extraits y apparaît très lacunaire et parfois peu fidèle aux originaux que nous présentons aujourd’hui pour la première fois à la vente et dont le caractère inédit du contenu apporte une nouvelle contribution à la connaissance d’un des plus grands écrivains français mais
aussi de l’histoire du XIXe siècle en France et en Europe.

Année 1822 :
2 mars 1822 [3 pp.] ; 4 mars [2 pp.] ; 11 mars [4 pp.] ; 14 mars [3 pp.] ; 18 mars [4 pp.] ; 21 mars [3 pp.] ; 22 mars [1 p.] ; 25 mars [3 pp.] ; 16 sept [2 pp] ; 19 sept [2 pp.] ; 4 oct. [3 pp] ; 25 oct. [3 pp] ; 28 déc. 1822 [4 pp.]. Format in-8 pour la plupart.

Année 1823 :
2 janvier 1823 [2 pp] ; 6 janvier [3 pp.] ; 16 janvier [4 pp.] ; 23 janvier [2 pp.] ; 27 janvier [4 pp.] ; 28 janvier [3 pp.] ; 30 janvier [3 pp.] ; 1er février [3 pp.] ; 20 février [ 4 pp.] ; 3 mars [4 pp.] ; 6 mars [3 pp.] ; 10 mars [4 pp .] ; 13 mars [2 pp.] ; 17 mars [ 4 pp.] ; 24 mars (2) [10 pp.] ; 27 mars [5 pp.] ; 31 mars [3 pp.] ; 3 avril [1 p.] ; 12 avril [4 pp.] ; 14 avril (2) [2 pp.] ; 17 avril [7 pp.] ; 21 avril [4 pp] ; 23 avril [3 pp.] ; 24 avril [7 pp.] ; 1er mai [2 pp.] ; 5 mai [6 pp.] ; 8 mai [4 pp.] ; 12 mai [2 pp.] ; 16 mai [3 pp.] ; 19 mai [ 4 pp.] ; 22 mai [6 pp.] ; 26 mai [2 pp.] ; 29 mai [3 pp.] ; 2 juin (2) [ 4 pp.] ; 5 juin [3 pp.] ; 12 juin [2 pp.] ; 16 juin [1 p.] ; 19 juin [1 p.] ; 25 juin [4 pp.] ; 26 juin [2 pp.] ; 30 juin [5 pp.] ; 3 juillet [2 pp.] ; 7 juillet [4 pp.] ; 10 juillet [2 pp.] ; 12 juillet [1 p.] ; 14 juillet [2 pp.] ; 21 juillet [4 pp.] ; 25 juillet 1823 [1 p.] ; 7 juillet 1828 [2 pp.].
Format in-8 pour la plupart

Extraits du 4 octobre 1822 : J’ai reçu, Monsieur, toutes vos lettres. Je pars demain pour Vérone et les nouvelles destinations du Duc de Wellington et de m. de Montmorency ne m’arrêtent pas. On ne peut même rien faire sans moi car je suis porteur des instructions et des pleins pouvoirs. […]. Du 25 octobre 1822 : […]
Tout va très bien ici. La France y jouit d’une grande considération, l’union entre les souverains est intime et la Révolution a pour jamais perdu son procès au tribunal de la Sainte Alliance. Les empereurs d’Autriche et de Russie sont admirables pour nous. […].
•Du 28 décembre 1822 avec un ajout d’un secrétaire :
Monsieur de Chateaubriand accablé d’affaires me charge d’achever son billet. / Le Roi donne à S.E. le service de porcelaine qui a été envoyé à Londres ; monsieur de Chateaubriand vous prie de le faire emballer […]. Il désire aussi la grande livrée et les chapeaux […].
•Du 2 janvier 1823 (petit accident dû à l’incendie) : J’ai reçu votre dépêche. Tout le bruit passera.
L’Angleterre peut aimer la souveraineté du peuple mais nous, nous ne la reconnaîtrons jamais. Dites mille choses à m. Canning et assurez le de la parfaite tranquillité dont nous jouissons. […].
•Du 6 janvier 1823 : […] dans trois ou quatre jours nous aurons les réponses de Madrid et alors nous serons sur un nouveau terrain. […]. […] l’Angleterre peut tout finir en décourageant les révolutionnaires espagnols […]. Dévouement entier. Chateaubriand.
•Du 16 janvier 1823 : Voilà monsieur, ma réponse à m. Canning. Je vous prie de la lui remettre […]. […] rien de nouveau de l’Espagne. Permettez que je vous donne un conseil.

Dans vos dépêches officielles, ne parlez plus de vous. Je me suis aperçu que cela vous nuisait. Sans
doute m. Canning a pour vous l’estime que vous méritez d’obtenir mais ne le dites pas en parlant des affaires publiques. On est on reste parfaitement satisfait de vos services. […] nous ne savons pas
encore ce qu’a fait m. de la Garde. […] mais son rappel me parait inévitable […].
•Du 23 janvier 1823 : […] C’est une crise, il faut la surmonter, et nous sommes sûr du succès. Tout à vous. Chateaubriand.
•Du 27 janvier 1823 : […] Je vous préviens que m. de La Garde est rappelé. Dites toujours que nous voulons la paix mais que nous nous préparons à la guerre, que nous ne refusons point les bons
offices de l’Angleterre pour amener cette paix, mais qu’il faut pour première condition que le Roi doit [ ?] de modifier la [ ?] Constitution des Cortès. Enfin parlez toujours de paix […].
•Du 28 janvier 1823 : […] Dites et répétez bien aux ambassadeurs des trois cours de Prusse, d’Autriche et de Petersbourg que nous ne nous séparerons point de l’alliance continentale ; Dites et répétez à m. Canning que nous voulons la paix comme lui et l’Angleterre peut l’obtenir avant l’ouverture de la Campagne, si elle veut tenir le même langage que nous et demander la liberté du Roi afin qu’il puisse lui-même modifier la Constitution. […] nous ne pouvons pas nous retirer sans déshonorer la cocarde blanche et sans révolter les soldats […].
•Du 30 janvier 1823 : […] Le discours du Roi a fait merveilles. Toutes les divisions ont cessé […].
•Du 1er février 1823 : Je vous envoie un courrier, il vous porte une lettre pour m. Canning, et la copie d’une dépêche qu’il est confidentiel que vous lisiez avant que le discours du Roi d’Angleterre soit prononcé. Cherchez donc m. Canning et voyez le n’importe où. […].
•Du 20 février 1823 : […] Sir Charles
Stuart vient de m’annoncer le passage de m. Jackson qui venant de Madrid se rend à Londres, il y porte l’arrangement définitif du traité pour le payement de la dette espagnole envers l’Angleterre.
[ …] Un message du G[ouvernemen]t aux Cortès leur demande de transporter le siège du g[ouvernemen]t à Cadix […]. […] les affaires m’écrasent. […].
•Du 3 mars 1823 : Vos dépêches sont très bonnes. Continuez ainsi. Laissez mon honorable ami Canning se fâcher tant qu'il lui plaira. ll s'est fourvoyé. Il a rêvé la guerre, et il ne peut la faire : voilà la raison secrète de son humeur. Vous pouvez être certain qu'il se fâchera à propos de tout. Mon discours, qui devrait le satisfaire, puisque je dis que nous écouterons toute proposition de paix, ne le satisfera pas. Il y trouvera quelque nouvelle raison d'aigreur et d'irritation. […].
•Du 06 mars 1823 : Votre idée est très-bonne, et je vous en remercie. Faites traduire. Je ne sais si mon discours réussira partout en Angleterre, mais son effet a été immense à Paris; le gouvernement en est devenu cent fois plus fort. Il a précipité Manuel et son parti dans cette scène dont tout le monde rit
ici. – Pourquoi donc enverrais-je à M. Canning mes discours, quand certainement M. Canning ne m'enverrait pas les siens ? Il faut un peu apprendre à tout le monde que nous prétendons à la parfaite
égalité.
•Du 17 mars 1823 : […] j’ai parlé à la chambre des pairs avec un succès général. […]
Le Roi ne devrait pas partir de Madrid […]. Si rien n’arrive nous entrerons en Espagne le 7 ou le 10 avril.
[…] Ce que vous a dit M. Canning sur notre ambassadeur à Londres est une fanfaronnade. Il aura qui bon me semblera. Il n'y a pas un mot de vrai sur Cazes. Ce sont de petites nouvelles de sir Ch. Stuart.
Tout à vous. Chateaubriand.
•Du 24 mars 1823 : […] notre police qui est admirablement faite, savait que d’autres officiers en France se préparaient sous des noms supposés à se rendre en Espagne […].
L’ordre a été envoyé par estafette à Bayonne d’arrêter le général, nous ne soupçonnons pas du tout Guilleminot, mais il s’est singulièrement obstiné à prendre pour aide de Camp, et à placer dans
l’armée ses amis que nous savions être des Bonapartistes. […].
•Du 12 avril 1823 : Si je calcule bien, le courrier extraordinaire que je vous envoie, avec la grande dépêche du courant, arrivera à Londres Lundi 14 vers deux ou trois heures. Vous porterez à l’instant même les deux pièces ci-jointes à m. Canning avant qu’il parle. Il est essentiel qu'il sache où nous en sommes avec le Portugal, afin qu'il puisse répondre à l'Opposition, si on venait à lui demander, s'il est vrai que le chargé d'affaires de Portugal a demandé ses passeports? […] J’ai les meilleures nouvelles de Vienne et de Pétersbourg l’empereur Alexandre vient de m’écrire une lettre pleine de bonté. Tout va bien ici et bien en Espagne. Il est probable que le succès rendra en Angleterre nos amis plus chauds. […].
Du 14 avril 1823 : Je ne puis vous dire qu'un mot. J’ai vu la dépêche de Canning imprimée, c'est sir Ch. Stuart qui me l’a montré. Je regrette toujours cette phrase que nous n'avons pas pu donner de preuves qu’on avait essayé de corrompre notre armée. Tandis que les preuves sont partout : témoin de la scène de la Bidassoa! Je regrette aussi de ne vous avoir pas dit que cette nouvelle de notre flotte à la Martinique pour attaquer l’isle de Cuba, est un véritable fagot. Nous ne voulons rien prendre et rien garder. Nos jeunes soldats viennent de se battre comme des lions sous les murs de St-Sébastien. Voilà la cocarde blanche assurée à leurs chapeaux.
Cela est immense. Soignez bien les journaux pour les communications […].
•Du 17 avril 1823 : […] Je ne connais encore que par extrait le discours de m. Canning, et de Lord Liverpool. […] ; c’est la neutralité avec force injures pour Le Roi, pour la France, pour le gouvernement, et pour moi en particulier. L’Angleterre veut que cette guerre nous rend notre influence sur l’Espagne et nous replace au rang en Europe […].
•Du 22 mai 1823 : […] Vous avez un ambassadeur c’est le P[rin]ce Jules de Polignac mais gardez le secret, il
faut que sa nomination ne soit officiellement connue que quand la ession parlementaire sera close. […].
•Du 29 mai 1823 : [ …] Une chose immense est d’avoir trouvé à Madrid l’infantado qui a vu mgr le Duc d'Angoulème qui accepte la présidence qu’on va former.
[…]. Du 5 juin 1823 : Depuis ma dernière lettre, il m’est arrivé un cour[r]ier de Pétersbourg et un autre de Venne qui ont changé la face des choses. Le Prince de Metternich m’écrit de sa propre main
une lettre pleine d’obligeance pour ce que j’ai fait. Il parle à peine du Roi de Naples et m’annonce qu’il envoyer à Madrid un agent diplomatique […].
•Du 12 juin : […] Nous bloquerons les Cortès par
terre et par mer dans Cadix, et ce n’est plus qu’une affaire de temps et de patience. […].
•Du 19 juin 1823 : [ …] Nous voyons bien dans le g[ouvernemen]t anglais un redoublement d’honneur à mesure
que nos succès augnmentent et que les choses tirent à leur fin : cela passera et l’Angleterre sentira la nécessité de ne pas se brouiller avec l’Europe. […].
Du 25 juin 1823 :[…] nous ferons aux individus
tous les avantages personnels qu’ils désireront pour délivrer la famille royale. […].
Du 26 juin 1823 : L’humeur de Sir Charles Stuart augmente avec nos succès. Il en est aux menaces. Ce qui me fait présumer que l’humeur de m. Canning augmente en proportion de celle de l’ambassadeur. Ces menaces me font bien peu peur et je sais combien dans ce moment elles sont vaines. […].
Du 30 juin 1823 : […] Je reçois à l’instant la nouvelle que Morillo s’est déclaré contre la Régence de Cadix et a envoyé aux officiers à mgr le Duc d’Angoulême après avoir soulevé toutes les galères contre les Cortès
: c’est une bonne nouvelle il ya aussi des espérances à Cadix. […].
Du 3 juillet 1823 : […] nouvelle victoire tout est maintenant dans Cadix. […].
Du 7 juillet 1823 : […] Cadix est bloqué avec la plus extrême rigueur. […].
Du 10 juillet 1823 : […] C’est aujourd’hui la grande affaire de l’emprunt […].
Du 12 juilet 1823 : […] Le Prince de Metternich va ouvrir une espèce de négociation officielle pour engager l’Angleterre à rentrer dans l’alliance et à favoriser la délivrance du Roi d’Espagne. […].
Du 21 juillet 1823 : […] je ne crois
pas à la démission de m. Canning […]. La démarche de l’Autriche ne peut aucun succès : j’en ai jugé ainsi dès le premier moment, c’est une nouvelle intrigue du Prince de Metternich qui cherche tous
les moyens de nous ôter les résultats de l’affaire d’Espagne et de se substituer à nous en amenant sur le tapis les prétentions de Naples ou les négociations de l’Angleterre. […].
Du 7 juillet 1828 : […] Je ne pourrai profiter de votre offre obligeante, parce que je compte me rendre à Rome par la route du centre. C’est moi qui espère vous recevoir dans la ville éternelle […]. Voilà, Monsieur, mon itinéraire,
sauf le chapitre des accidents, toujours long dans ma destinée.
[…].
On joint
•trois lettres signées par Chateaubriand mais écrite par un secrétaire et datées des 11 et 24 février 1823 et du 8 avril 1829.
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