Lot n° 140

JAMMES (Francis). (1868-1938). Manuscrit autographe signé, L’Éternelle Enfant, 11 octobre 1925 ; 5 pages in-4 avec ratures et corrections.

Estimation : 400 / 500
Adjudication : Invendu
Description
Hommage à une femme-enfant (le titre primitif fut La Femme enfant), à rapprocher de Trente-six femmes, psychologie féminine (Mercure de France, 1926). « Vous avez quarante ans sonnés, mais je ne le dirai à personne. Je vous ai connue lorsque vous n’en comptiez que vingt et veniez de faire la conquête et d’épouser le septuagénaire et riche Arnold de Sais »... Il l’aperçut pour la première fois à Cauterets, à la descente de son auto, l’une des toutes premières, monumentale et admirable. « Vous aviez l’air d’une complication délicieuse, mais débarrassée de toute gêne. Vous étiez sûre de vous-même. Ces cheveux d’un pâle cuivre, ce profil mince et ces yeux d’un bleu de lac froid, ces délicates touches de fard et de charbon, cette bouche comme un fil et ces oreilles de nacre, ce col long, cette expression de dédain, cette gorge haute qui supportait un buste bref et de longues jambes, affirmaient la plus grande grâce humaine que j’aie vue »… Suivent des souvenirs : la « femme enfant » divorcée, à Paris, et plus tard à Bayonne ; ses impressions d’une grande douceur ; son refus de la maternité (un « premier essai » l’en avait dégoûtée) ; certain jour où elle exposa son « orgueil de femme comblée qui n’a plus rien à désirer. Vous êtes sortie un moment dans le parc. Dans le parc […] se trouvait un enfant de quatre ans qui suçait un sucre d’orge. Ne niez pas ! Je vous ai vue, vue de mes propres yeux par la fenêtre de mon cabinet de travail où vous ne me saviez pas. Ce sucre d’orge vous l’avez pris à ce petit après l’avoir gifflé et vous vous êtes mise à le sucer longuement devant lui »…
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