Lot n° 235

TERRASSE (Claude). (1870-1924) compositeur. 12 L.A.S., 1907-1920, à Louis Artus ; 18 pages in-8 ou in-12, 4 enveloppes.

Estimation : 400 / 500
Adjudication : Invendu
Description
Intéressante correspondance sur leur collaboration pour L’Ingénu Libertin, ou La Marquise et le Marmiton, conte galant en 3 actes, livret de Louis Artus (Bouffes-Parisiens 11 décembre 1907). – 19 juin 1907, il fait envoyer à Artus ses partitions et leurs livrets, et lui indique qu’Yvette Guilbert a chanté des airs du XVIIIe siècle : « elle se fera un plaisir de vous être agréable en vous passant son répertoire ». Il n’a pas de réponse des Variétés ; « si nous ouvrons la saison des Bouffes en octobre ou même en novembre, nous pourrons avoir G. Gallois, ce dont nous serions ravis tous les deux »… 30 juin. Il attend son retour avec impatience, ravi de savoir qu’il a bien travaillé, car il veut écrire la plus grande partie de la partition en juillet… 20 juillet. « J’ai enfin le manuscrit. Le temps m’a semblé long. Je m’y mets ». Il espère avoir terminé 2 actes à la mi-août, et aller à Cabourg lui faire entendre sa partition. Toujours pas de réponse de Deval (directeur des Bouffes)… 26 juillet. Deval lui a enfin répondu qu’il sera heureux d’entendre la partition après les vacances en septembre. « Je travaille copieusement à notre pièce »… 2 août. « Le premier acte et les principaux morceaux du second sont terminés. Je vous avais dit que je possédais à fond mes auteurs classiques du XVIIIe et que j’espérais bien mener rapidement mon travail – mais je dois vous dire que la tâche m’a été singulièrement simplifiée par vos vers charmants et d’une coupe classique »… 16 août. Il a fini, n’a plus qu’à recopier, et attend toujours le 3e acte. Il sera à Deauville le 2 septembre, où ils pourront travailler ensemble pour compléter plusieurs airs et mettre en musique quelques situations… 27 septembre. Énervé par les hésitations de Dorval et Richemond, il est tombé malade et en a profité pour terminer La Marquise et le Marmiton : « Je suis très content du trio du 3e acte – mais il nous faudra de vrais artistes avec de vraies voix. Defreyn serait exquis ; il nous le faut absolument ». Lamy a accepté de mettre en scène la pièce… 3 janvier 1908. Trois semaine après la première de leur pièce, il est accablé par le triste bilan de leur pièce : « Notre cher Ingénu libertin ne réalise pas les espérances sur lesquelles nous étions en droit de compter – les recettes sont faibles très faibles ». Il blâme la direction, qui n’a pas fait la publicité nécessaire. Il reconnaît aussi que l’interprétation de certains rôles est plutôt faible, mais malgré tout la pièce plaît beaucoup, et il espère un redressement… « Il me semble que tout le mal vient de ce qu’il n’y a pas aux Bouffes une direction unique », et les désaccords entre les associés Deval et Richemond portent préjudice à la production… 18 février 1910. « Je suis follement occupé par la mise au point du Mariage de Télémaque » ; il félicite Artus de sa croix : « Vous savez que j’admire sincèrement votre talent et que je ne demande qu’à retravailler avec vous »… 20 juillet 1913. Il ne peut être question d’une reprise de L’Ingénu libertin à l’Apollo, car la convention de la Société des Auteurs stipule qu’il ne peut donner deux pièces la même année, et ses Travaux d’Hercule passent avant… Il serait ravi de collaborer avec lui pour La Fête Impériale, mais si Artus a peur d’attendre trop longtemps, il peut s’adresser à Bonnamy… Il lui propose d’autres possibilités de collaboration… 10 juillet 1920. Nouveau projet de collaboration ; il le prie de préciser qu’est-ce qu’il entend par sa « part normale de droits d’auteurs ? 50% de la part des librettistes sans doute. Il est bien entendu que nous nous chargerons vous et moi de toute la question lyrique, car je crois que Veber ne fait pas de vers ; et puis nous savons travailler ensemble tous les deux »…
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