Lot n° 306

CHOUANNERIE. le veneur de la roche (Jean-Marie). (1756-1816) officier chouan, lieutenant de Boishardy, à qui il succéda à la tête de la division des Côtes du Nord de l’Armée catholique et royale. L.A.S., 17 février 1796, à Henry de La...

Estimation : 700 / 800
Adjudication : 854 €
Description
Vieuville ; 4 pages in-4.
Longue et intéressante lettre sur la chouannerie. « Je suis bien satisfait, que Monsieur le Cte de Puisaye soit parvenu à organiser une réunion, et un ensemble d’opérations, en determinant Stofflet à reprendre les armes [Stofflet sera tué le 25 février] ; c’est la plus grande et la plus heureuse diversion que l’on pouvait faire en faveur de la cause ». Il craint que l’arrivée du vicomte de Pontbellanger, nommé au commandement, n’amène la désorganisation dans l’armée ; il rappelle que ce commandement lui avait été promis : « La confiance que les officiers de cette division m’avaient témoigné en me choisissant dans des temps orageux et malheureux pour leur chef de division sitôt après la mort tragique de monsieur de Boishardi en m’engageant à quitter celle du Comité central, était un témoignage trop agréable pour moy, pour que je ne me rendis à leur desir »… Il souffre cruellement de n’être pas destiné à remplir de grands emplois, et il préfère servir à pied ou à cheval, pour prouver que faire le bien a été son principal but. « Puisse la confiance accompagner celui que l’on nomera par ma destitution ! Mais jamais le roy n’aura un plus fidel sujet, puisse les succès que l’on attend de ce changement répondre à ce que l’on peut s’en promettre ! »… Il n’a reçu du conseil général que des lettres, mais ni argent ni munitions ; leurs dettes ont augmenté… Les propriétés du vicomte de Pontbellanger dans l’arrondissement de Quimper devaient naturellement lui faire désirer ce poste, mais il n’y paraissait pas destiné, « puisqu’il avait été nommé pour remplir la place de Georges, et monsieur le Cher de La Moussaye celle de commandant en second qu’occupe Mercier la Vendée, la derniere destination denote que ces messieurs ne viennent commander ici, que parce qu’on leur a opposé de la résistance dans l’armée de Vannes. Deux places de général étaient vaquantes dans les deux arrondissements de Quimper et Leon et Treguier et laissaient un vaste champ aux nominations, je n’en connois pas l’idiome, sans quoi j’y irais pour y travailler. Tout me fait un devoir de rester dans ce païs jusqu’à nouvel ordre »… Il parle encore de la correspondance avec l’Angleterre. « J’ai de plus ordonné que l’on ne pourrait prendre de lettres, qu’ouvertes et qu’elles ne parlassent n’y de politique n’y nommant personne. J’ai reçu pour essai par la voye de Deschamps 55 fusils et deux barils de poudre de 20 livres chaqu’un, je crains que de longtems nous ne soyons pas à même de fournir aux besoins des autres armées »…
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