Lot n° 309

CONSIDERANT (Victor). (1808-1893) philosophe et économiste. 8 L.A.S., 1827-1846, à Clarisse Vigoureux à Besançon, ou à sa fille Julie Vigoureux, Mme Victor Considerant ; 26 pages in-8, une à en-tête de La Démocratie pacifique et La...

Estimation : 1000 / 1000
Adjudication : 2 074 €
Description
Phalange, et une à en-tête de la Société pour la Propagation et la Réalisation de la théorie de Charles Fourier, 5 adresses et une enveloppe.
Belle correspondance à Clarisse Vigoureux, qui l’initia au fouriérisme, puis à sa fille qu’il épousa. Paris 7 avril 1827. Paroles consolantes sur la mort de sa fille Clarisse : « Elle vous aime toujours. C’est une essence bien longue, plus longue que ne sont ordinairement celles de cette terre ; mais il y a une espèce de communication de pensées […] et elle est avec vous plus unie peut-être qu’auparavant. Nous nous réunirons tous un jour dans un monde meilleur »… 30 avril 1828. « Je suis tout plein d’espérance et je vois l’amour en beau. Je disais hier à un de mes amis que je n’avais jamais autant aimé l’avenir que maintenant »… 30 octobre 1832. Mlle Berque le presse d’aller à Lyon, mais il pense qu’il est mieux d’attendre « que l’on ait réalisé les projets qui reçoivent déjà ici leur commencement d’exécution. D’ailleurs j’aurai bientôt probablement à m’occuper du lever de notre terrain phalanstérien. […] Un civilisé est un être comparable à l’homme condamné aux galères à perpétuité et qui a pris son parti – il n’a jamais rien vu, rien espéré rien désiré d’autre – nous nous rongeons notre frein, nous voulons hâter l’heure de la délivrance et nous souffrons de toutes les peines de l’attente en outre des peines réelles »… 20 septembre [1835]. Il a consulté un notaire, ami intime de Bixio : le notaire conseille une hypothèque pour le cautionnement. « J’imagine donc que Grea devait nous prêter hypothèque pour nos 75 mille fr. Il sait bien qu’il n’y a pas de risques à courir et d’ailleurs nous le rendrons parfaitement sûr par une 15ne de signatures inconnues des banquiers civilisés mais toutes connues de Grea »… 29 août 1837. « Je ne vous ai pas parlé de la santé de Fourier parce que c’est toujours la même chose que quand vous êtes parties. Il allait assez bien dans ce temps-là et c’est de même maintenant. Ne craignez rien pour lui maintenant, la saison lui est favorable. S’il lui arrivait d’ailleurs quelque accident, ce que je ne redoute pas aujourd’hui, je vous en préviendrais de suite »… 10 septembre [1842]. « Nos affaires d’organisation matérielle sont en grande partie faites et dans quelques semaines tout marchera régulièrement. Jusqu’ici nos amis de province ne nous ont pas porté grand secours effectif. Les articles qui nous ont été envoyés n’ont aucune valeur et celui de Renaud seul a pu être donné après avoir été beaucoup remanié par nous »… Ils vont les instruire pour qu’ils passent à l’action active. « Du reste les affaires de La Phalange vont déjà mieux que je n’avais calculé. Nous avons dès maintenant plus de 200 abonnés »… À sa femme. Lausanne 21 septembre 1846. « Je commence demain soir mes séances ici. Le conseil municipal a mis sa salle à ma disposition »… Après une huitaine à Lausanne, il ira à Genève pour 10 ou 12 jours… Genève 21 octobre 1846. Son « exposition » à Genève se développe avec succès. « Les préjugés tombent devant ma parole, que c’est plaisir à voir et de nombreuses sympathies se créent autour de la doctrine. Décidément le moment est venu d’un grand ébranlement des esprits : quelques années de semailles encore et la moisson sera abondante »…
Partager