Lot n° 400

RÉVOLUTION DE 1830. Ambroise TARDIEU (1788-1841) graveur et géographe, officier de la Garde nationale, auteur d’un Manuel législatif de la Garde nationale (1831). L.A.S., Paris 29 avril 1831, aux membres de la Commission des Récompenses...

Estimation : 150 / 200
Adjudication : 366 €
Description
nationales ; 4 pages in-4 (fente réparée).
Relation de la révolution de Juillet par un de ses acteurs. Tardieu proteste contre le refus de lui accorder la décoration spéciale de la Révolution de Juillet, et rappelle son opposition au régime déchu, « infâme gouvernement » ; puis il relate son action personnelle pendant les journées révolutionnaires. « je faisais partie des groupes qui tentèrent les premières hostilités non armées mais cependant dangereuses, le mercredi je repris des premiers l’habit et les armes de garde national, […] le matin de ce jour je participai dès six heures du matin au bris des armes royales exposées dans la rue St Honoré près le Palais-royal ». Le jeudi, il proposait de renverser la municipalité de son arrondissement et « d’en nommer une autre composée de vrais patriotes ». Il fait imprimer chez Fain « une affiche aussi écrite de ma main qui convoquait tous les notables et patentés de l’arrondissement à se réunir à la mairie […] l’affiche imprimée sous mes yeux fut ensuite affichée par moi-même en habit de garde national dans la moitié de l’arrondissement. » Ceci fait, il se rendit au Louvre, seulement armé de son sabre : « j’y entrai avec de braves compagnons, je pus m’y procurer un fusil et y retrouvai mon courageux frère, j’engageais à sortir du Louvre pour marcher sur les Tuileries tous ceux qui nous accompagnais [sic]. Je sortis des premiers avec mon frère sous le feu de la garde royale logée dans les maisons qui font face à la porte du Louvre ; à 10 pas de cette porte mon frère fut blessé grièvement et quitta le feu. J’y restai sous une grêle de balles. Je gagnai la galerie du musée par laquelle je pénétrai dans les Tuileries en enfonçant les portes. J’y fis trois suisses prisonniers. J’y fis respecter les propriétés de la nation et je revins dans mon arrondissement. » Il consacra les deux mois qui suivirent à l’organisation de la Garde nationale, négligeant pour ce faire ses occupations personnelles. « Il est donc patent que du 26 au 30 juillet toutes mes pensées et toutes mes actions ont concouru publiquement au renversement du pouvoir royal et au triomphe de la Liberté, que j’ai montré du courage civique et militaire, et que la décoration spéciale sera nécessairement placée sur quelques poitrines qui auront été moins exposées que la mienne »…
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