Lot n° 406

ROZIER (François). (1734-1793) prêtre, botaniste et agronome ; professeur à l’École vétérinaire de Lyon. 3 L.A.S., Beauséjour par Béziers 1780-1785, à Louis-Bernard Guyton-Morveau ; 8 pages in-4, 2 adresses.

Estimation : 600 / 800
Adjudication : 1 098 €
Description
Intéressante correspondance sur le vin.22 octobre 1780. Il ne sait plus où il est en pour sa théorie sur la fermentation vineuse : « j’ai bien eu raison de dire qu’il falloit faire fermenter chaque espece de raisin séparement, pour des loix particulières en conclure une loi générale. Les especes de raisins sont ici entierement opposées aux notres et aux votres. La cave qui fermente quoique à grand bruit et à gros bouillon ne donne presque point d’air fixe ; l’air qu’elle laisse échapper n’éteint point la lumiere. Le vin nouveau dans le tonneau ne vomit point cette écume visqueuse et tenace comme dans nos païs. Beaucoup de bules d’air s’echapent avec une ecume rougeatre, claire, transparente et ces vins sont tout feu. Je n’y comprends plus rien »… Il compte sur sa promesse de l’aider pour son travail sur la vigne, et donne des instructions pour une expérience sur du pineau, « le plan par excellence de la Bourgogne »… 17 novembre 1780. Il décrit une aurore boréale magnifique observée en février, et demande si les variations subites de l’atmosphère ont quelque analogie avec cette aurore. « Vous qui tenés en vos mains et à votre disposition le feu électrique et le phlogistique, daignés fixer ma façon de penser. L’acide phosphorique de M. Sage jouoit ici dans le mois d’aoust dernier, un bien grand role »… Il le charge d’une commission auprès de M. Maret, qui veut du vin, et donne des instructions pour l’envoi d’échantillons de plans. « Je connois le vin de paille […]. On en fait beaucoup en Lorraine et en Alsace, j’en fais peu de cas quoiqu’on le vende fort cher. Pour les vins d’Arbois, de Château Chalon &c le procedé quoique différent, revient a peu près au même. On laisse le raisin sur le cep jusqu’au milieu de Xbre ou du moins jusqu’à ce que la gelée l’ait bien fletri. Le vin de paille n’éprouve que la fermentation insensible »… 14 août 1785. « La fermentation de nos raisins dans la cuve, est ici peu tumultueuse. Il s’échappe peu de gaz ; le vin nouveau mis dans les tonneaux écume très peu, jette peu de lie, et lorsqu’on le soutire en janvier, on en trouve moins que dans ceux de Côte Rotie ou des environs de Lyon »… Il émet plusieurs hypothèses pour expliquer cette différence, puis le prie, « dans ce moment que le raisin va changer de couleur chés vous d’en prendre un nombre de pouces, determiné, et de statuer combien ils donneront de pouces d’air fixe ; enfin de repeter la même opération à la veille des vendanges, époque de la parfaite maturité. […] J’ai déjà commencé la même opération que j’ai l’honneur de vous proposer parce que mes raisins de Bourgogne sont déjà murs, c’est-à-dire noirs, mangeables et délicieux. J’en ai encore peu et toute ma recolte passera sur ma table. Elle pourroit etre vendangée du 8 au 15 7bre »…
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