Lot n° 125

Pierre-Jean JOUVE (1887-1976). 20 L.A.S. et 5 L.S., Paris et Carona (Tessin) 1926-1929 et 1957, à Daniel Halévy ; 36 pages petit in-4 ou in-8 et 2 au dos de cartes postales illustrées, qqs adresses.

Estimation : 800 / 1000
Adjudication : Invendu
Description
Belle correspondance littéraire sur ses publications dans la collection des « Cahiers verts » que dirigeait Daniel Halévy chez Grasset. 1926. 17 juin. Il envoie Deux Pièces pour le Cahier Verts en préparation, et demande deux épreuves, « car la mise en page est un peu délicate »… 25 juin. Heureux de son jugement sur les Deux pièces, il fait une suggestion pour le placement des poésies dans le Cahier ; il signale qu’il a fait une traduction de Roméo et Juliette, « traduction pour la première fois essayée en prose et en poésie vivante, mais entièrement rigoureuse, – avec la collaboration de Georges Pitoëff »… 31 août. Il s’inquiète de voir le Cahier Vert annoncé alors qu’il n’a encore reçu aucune épreuve de ses Deux Pièces : « à cause des difficultés particulières de la poésie ce me semble tout à fait impossible »… 10 septembre. Quant à la « question littéraire du dernier texte », il ne voit plus le moyen de faire une modification utile : « supprimer le texte serait décapiter le poème »… 3 octobre. Il revient à la charge pour le placement des poèmes dans le volume… 14 octobre. « Je serais heureux d’accéder au désir de M. Patin, mais j’estime nécessaire que la seconde Pièce reste absolument inédite jusqu’à la publication du Cahier Vert ; je crois d’ailleurs qu’elle ne serait guère à son aise dans un journal, même littéraire »… 19 novembre. La première des Trois Pièces fera partie de son roman Le Monde désert, à paraître en janvier ou février ; il croit savoir qu’Halévy tient à ne publier que des inédits… 23 décembre, pour un nouveau rendez-vous : « Je n’avais pas considéré que samedi était le jour de Noël et que certaines nécessités me retiennent chez moi ce jour-là »… 1927. 15 février. « Jean Paulhan me répond qu’il est heureux de voir Calice publié prochainement »… Samedi [avril] : « permettez-moi de vous apporter seul ce Cahier vert où je vous dois de figurer, dans lequel vous parlez de moi en termes qui me touchent »… 1928. Mars. Trois lettres au sujet de conférences d’Halévy à Munich, à la demande du professeur Lerch. 18 avril. « J’ai prié Madame Baladine Klossowska qui fut une amie intime de Rilke, et peintre de talent, de vous remettre un exemplaire de ses Fenêtres qu’elle fit paraître un peu après la mort de Rilke. Cette publication qui a un caractère touchant passa presque inaperçue »… 15 juillet. Affectueuse pensée de Corona… 13 octobre. Il donne son accord pour la publication du Paradis perdu dans les Cahiers Verts en juillet 1929, de préférence dans un seul Cahier ; son ami le graveur Sima a repoussé le projet d’une édition illustrée hors commerce avant le Cahier… 25 octobre. « J’aimerais bien traiter avec la Librairie Grasset pour le Paradis perdu »… 8 novembre, remerciant Halévy pour sa lettre sur Hécate : « votre adhésion si droite m’est très précieuse »… Précisions sur son traité pour Le Paradis perdu, et sur la bonne présentation de ses prénoms… 1929. Lundi soir [21 janvier]. Envoi de places pour la générale des Trois Sœurs… 6 février. Éloge du Michelet d’Halévy : « J’ai été saisi par la fougue, la vision droite, emportant l’esprit avec elle, du tableau que vous avez fait : et ne serait-ce que sur le point de la tragédie, votre but est entièrement atteint. Vous avez certainement un sens aigu des vies »… Il ressent moins de sympathie pour Michelet, qui le « repousse par l’infantilisme morbide, l’absence de ciel, la colossale pauvreté et en même temps “la grosse vie”. Mais c’est là seule une réalité du XIXe siècle »… 17 août. À Carona, « le bon Esprit souffle à nouveau sur moi, ce qu’il ne fait pas volontiers »… 9 septembre. Il est très touché par son article sur Le Paradis perdu, « pour l’attention si amicale », mais aussi « intellectuellement par la justesse de vos jugements »… Samedi. Très fatigué, « atteint de ma mélancolie », il ne peut aller le voir … 1957. « J’ai été fort touché par votre invitation, et plus encore par la phrase “les temps reviennent”. Effectivement, les temps – avec la durée pleine de soucis, le travail, et le hasard – ont paru nous séparer »…
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