Lot n° 609

FAURÉ, Gabriel. La Bonne Chanson. 9 mélodies pour une voix avec accompagnement de Piano. Poésies de Paul Verlaine. (…) Op. 61. Paris, J. Hamelle, s.d. [1894]. In-4 (275 x 195 mm) de 45-(1) pp., entièrement lithographié ("C.G. Röder,...

Estimation : 1 500 / 2 000 €
Adjudication : 1 880 €
Description
Leipsic"),
timbre humide de l’éditeur sur le titre : maroquin brun janséniste, dos à nerfs, titre or, bordure intérieure rehaussée de cinq filets dorés, deux filets sur les coupes, tranches dorées (Dodé).

Édition originale.

►L’un des plus beaux cycles composés par Gabriel Fauré.

Ces neuf mélodies sur des poèmes de Paul Verlaine, achevées en février 1894, sont dédiées à Emma Bardac, née Moyse (1862-1934), cantatrice française qui entretint une relation passionnée avec Fauré au cours de l’été 1892. Elle épousa par la suite Claude Debussy, et fut la mère de l’unique enfant de l’auteur de Pelléas.

Bien qu’il s’agisse de l’un des sommets du répertoire mélodique français, La Bonne chanson ne connut pas un franc succès lors de sa première exécution publique (20 avril 1895). Mais un auditeur de qualité tel que Marcel Proust, présent le 25 avril 1894 lors de la première audition privée chez la Comtesse de Saussine (et peut-être aussi chez Madeleine Lemaire le 26 mars 1895), écrivait dès l’automne 1894 à Pierre Lavallée :
"Sais-tu que les jeunes musiciens sont à peu près unanimes à ne pas aimer La Bonne Chanson de Fauré ? Il paraît que c’est inutilement compliqué etc., très inférieur au reste. Bréville, Debussy (qu’on dit un grand génie bien supérieur à Fauré) sont de cet avis. Moi cela m’est égal, j’adore ce cahier et au contraire ce que je n’aime pas ce sont les premiers qu’ils affectent de préférée" (Kolb, I, p. 340).


►Envoi autographe signé de Gabriel Fauré en haut du titre :

à Madame Dettelbach, qui fut
une des premières et des plus délicieuses
interprètes de la "Bonne Chanson"
Gabriel Fauré

Doris Dettelbach, épouse de Charles Dettelbach, tenait au 13, rue Christophe Colomb, un salon musical fréquenté par Reynaldo Hahn, qui logea quelque temps chez elle en 1895. Plusieurs compositeurs ont dédié des pièces à cette "cantatrice mondaine", parmi lesquels Massenet (Séparation). Les Dettelbach sont cités dans la correspondance de Proust (Kolb, I, pp. 300 et 409 ; VI, p. 298).

Marges un peu jaunies, quelques annotations contemporaines au crayon.

Antoine Compagnon, Proust entre deux siècles, 1989.
Partager