Lot n° 136

CHAMPFLEURY (Jules Husson, dit). Lettre autographe signée au directeur des Beaux-Arts Philippe de Chennevières-Pointel. Sèvres, 25 avril 1877. 1 p. in-8.

Estimation : 800 / 1000
Adjudication : 150 €
Description
« Celui qui fut Chien-Caillou, le graveur Rodolphe Bresdin, se recommande à votre attention par une vie difficile dramatique et vraiment digne d'intérêt. Mr Rodolphe Bresdin, après un avoir longtemps cherché sa voie comme dessinateur et graveur, s'est embarqué pour le Canada, quoique chargé de famille (il a cinq enfants). Le Canada ne lui a pas été plus fructueux que la France et l'homme est de retour à Paris, âgé, misérable, à la tête d'une famille qu'il faut nourrir. Quelques-uns de mes amis veulent apitoyer le public sur l'état malheureux du graveur Bresdin, et cela par la voie de la presse. On m'a chargé, à mon tour, d'informer l'administration des Beaux-Arts et je l'ai fait de grand cœur, connaissant vos sympathies pour la pauvreté qui se cache... »

Le 17 février 1878, le ministère des Beaux-Arts achèterait à l'artiste 15 épreuves de sa lithographie Le Bon Samaritain.

Un des graveurs les plus originaux du xixe siècle, Rodolphe Bresdin avait, dans sa jeunesse désargentée, adopté le surnom de Chien-Caillou en référence déformée à Chingachgook, personnage du Dernier des Mohicains de Fennimore Cooper. Le critique d'art et écrivain réaliste Champfleury l'évoqua à sa manière en 1847 dans la nouvelle Chien-Caillou de son recueil éponyme : elle remporta un grand succès mais fixa au passage une image misérabiliste du graveur en pauvre bohème – ce qui contribua peut-être à éloigner le succès de lui. En partie pour échapper à cette image, Bresdin mena ensuite une vie errante qui le mena entre autres au Canada, où il demeura de 1873 à 1877. Il mourut dans la misère en 1885.
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