Lot n° 405

GENGENBACH (Ernest de). Six lettres autographes. Datées et signées, adressées à monsieur Lévêque, librairie « Le Soleil dans la tête ». , entre le 18 novembre 1961 et le 15 mars 1964 ; .

Estimation : 600 - 800 €
Adjudication : Invendu
Description
La vie d'Ernest de Gengenbach est traversée par des crises successives de mysticisme et d'incrédulité. Né en 1904 dans les Vosges, ancien élève des jésuites, il fréquente dans les années 20 les milieux artistiques et littéraires de Paris, s'obstinant à porter la soutane dans un but de provocation et, selon lui, de « séduction érotique »…
En 1925, André Breton lui fait évoquer, dans Révolution surréaliste, sa tentative de suicide, mais le mouvement l'exclut dès 1930, après qu'il eut rejoint l'Église au sein de laquelle il prétend fonder une religion diabolique ! Ses ouvrages postérieurs le décrivent possédé par l'âme d'un moine médiéval !
Lettres de Gengenbach sur son activité politique et ses déboires financiers pendant la guerre d'Algérie.

D'importantes dettes envers son libraire sont à l'origine de cette correspondance où Gengenbach explique les causes de ses difficultés.
Ses relations de jeunesse avec Ferhat Abbas et sa connaissance de l'histoire hispano-mauresque firent de lui le diplomate pour une mission officieuse - au Maroc, en Espagne et surtout en Algérie - décidée par l'Élysée, le ministre des Affaires de l'Algérie Louis Joxe et le Vatican, pour essayer de persuader les intellectuels et les politiciens partisans du F. L. N. que la seule solution était une Fédération franco-musulmane en Algérie.

Sa dénonciation du « caméléonisme machiavélique » de De Gaulle, de sa politique et de ses concessions au F. L. N., de l'état de l'Algérie : « c'est l'anarchie économique, le chômage, la famine » et « les atrocités horrifiantes que vous savez », lui valut toutes sortes d'ennuis. « Je ne savais pas qu'à Paris on s'était retourné contre moi à l'Élysée et au secrétariat aux Affaires d'Algérie parce que j'avais critiqué la politique du général De Gaulle… J'avais dit la vérité. D'ailleurs les événements actuels me donnent raison… »

Toutes les sommes que Gengenbach avait investies de sa poche, « plus de 800.000 anciens francs », pour ce périple nord-africain (frais de déplacement et de séjours en compagnie de sa femme, etc.), ne lui furent, en représailles, pas restituées.
Lettres très émouvantes où l'auteur raconte des déboires financiers provisoires.
• 1. Lettre du 18-11-1961, 2 pp. ms. in-8.
• 2. Lettre du 12-12-1961, 2 pp. ms. in-8.
• 3. Lettre du 7-12-1962, 4 pp. ms. in-4.
• 4. Lettre du 22-12-1962, 2 pp. ms. in-4.
• 5. Lettre du 1-9-1963, 1 p. ms. in-4.
• 6. Lettre du 15-3-1964, 2 pp. ms. in-4.

Description détaillée sur demande.
Partager