Lot n° 46

EUG ÈNE SUE. Mademoiselle de Plouern el, récit du temps de Louis XIV. Manuscrit autographe très abondamment corrigé. 463 ff. grand in-4. Cachet de la collection Debauve. Ce récit fait partie de la série des Mystères du Peuple,...

Estimation : 8 000 / 10 000 €
Description

mais a comporté des éditions séparées. Le manuscrit comprend une introduction, paginée 1 à 53 en grande partie de la main d’un copiste, avec de nombreuses ratures et additions de la main d’Eugène Sue (manque le feuillet 4, mais plusieurs feuillets paginés en bis). Ce texte ne semble pas avoir été publié. Le corps du récit proprement dit comprend un prologue et 3 parties paginées 1 à 395. Il manque les pages 223 (selon le texte, car il y a des p. 224 et 225 en double qui se suivent bien) et 394 ; avec de nombreux feuillets paginés en bis, ter, etc. Le texte semble correspondre à l’édition séparée de 1864, mais dans une version un peu différente et avec de nombreuses coupures ultérieures, notamment dans les p. 219 et suivantes qui correspondent à la 3e partie de l’édition de 1864, et à la fin. Les pages 362-362 bis comportent notamment un long passage non reproduit. P. 345 il est question du code paysan, qui est également différent de l’édition Flammarion définitive (cf également les pp. 223 et suivantes du manuscrit avec les 163 et suivantes imprimées). Il y a en plus : 2 pp. doubles de l’introduction par le copiste Vallier, avec une note de Sue pour la copie ; une partie en double du prologue, émanant du copiste avec des passages refaits par Sue (p. 1, 3 à 5, 13, 15, 19, 25, titré par Sue : 1ère partie). Suit un passage disparu du manuscrit complet (même copie) donnant une biographie de Mlle de Plouharnel et sa mère, s’intercalant au début : 6 ff. p. 75 à 80. Puis une variante de la scène du mariage (p. 156 et suivantes du manuscrit principal) avec des détails supprimés et une note au copiste : 8 ff. numérotés 223 à 230 par le copiste. Il y a enfin, un feuillet numéroté 123, brouillon pour la biographie du comte de Plouernel, mais il n’est pas certain qu’il se rapporte bien à ce récit. Ce manuscrit suit d’assez près l’édition originale, mais ne correspond pas exactement au texte. 1° L’introduction dans l’originale (p. 68 à 86 du tome XII) est daté Annecy le Vieux 2 avril 1855 et se présente sous la forme d’une lettre : l’auteur aux abonnés des Mystères du peuple ; certains passages sont plus étendus, d’autres qui figurent dans l’édition sont ici omis. La fin du manuscrit (à partir de la p. 52 n’est pas dans l’édition). En général la forme a été adaptée à la version ; ici : « qu’on juge en lisant » est devenu dans l’imprimé « jugez-en cher lecteur ». 2° Dans le corps même du récit comme dans l’introduction, certaines notes sont ajoutées ou supprimées selon le texte, par exemple la note du feuillet 9 bis sur la vénalité de Charles II non reprise, celle sur les trois reines p. 11 absente de l’imprimé comme celle sur Bossuet. Mais celle de la p. 101 imprimée sur les dents de Louis XIV ne figure pas ici. Ce manuscrit est peut-être une première édition séparée non publiée. Il est joint un ensemble de fragments épars (30 ff. in-4) et 2 gravures ayant servi à l’illustration « Mort de Nominoé et de lle de Plouernel » et « L’arrestation ». EUGÈNE SUE et LES MYSTÈRES DU PEUPLE Les Mystères du peuple - ou histoire d’une famille de prolétaires à travers les âges, est l’histoire rétrospective, de 57 avant Jésus-Christ à 1851, de la famille Lebrenn. Au fil de l’Histoire, chaque représentant de cette famille devra affronter un nouvel oppresseur pour reconquérir la liberté originelle de ses ancêtres. La famille des Néroweg de Plouernel, dont la généalogie se constitue parallèlement en pointillé, incarne l’ennemi personnel des Lebrenn. Il faut huit ans à Eugène Sue pour rédiger ce roman dont la parution s’échelonne de 1849 à 1857 en environ 400 livraisons. Le dernier volume paraît le 1er août 1857, avant-veille du décès de l’écrivain. Les Mystères du peuple est condamné en 1857 par le procureur impérial Ernest Pinard, pour outrage à la morale publique et religieuse et aux bonnes mœurs ; tous les exemplaires sont saisis.De ce roman fleuve, Jean-Louis Bory écrit : « Les Mystères de Paris ne dénonçait que les misères d’une époque, d’une société ; Les Mystères du peuple, élargissant espace et temps, entend donner une vision totale de l’Histoire humaine à la lumière de l’idéologie de 1848. Immense fresque où vont se mêler l’épopée, le cours d’histoire, le lyrisme déclamatoire, le mélodrame, le catéchisme socialiste et la pédagogie.»

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