Lot n° 866

NICOLLE CHARLES (1866-1936) MÉDECIN ET BACTÉRIOLOGISTE. 4 L.A.S., Tunis et Florence 1923, à un ami ; 17 pages et demie in-8, en-têtes Institut Pasteur de Tunis.

Estimation : 400 - 500 €
Adjudication : 480 €
Description
♦ Belle correspondance scientifique et amicale, sur son travail à l’Institut Pasteur de Tunis.

─ Tunis 21 janvier 1923. « Toutes mes minutes sont encombrées par une besogne lassante, avilissante. Impossible de penser un instant. Tout l’édifice, que j’ai construit, retombe sur moi seul du poids que je lui ai donné »… Anderson complète son instruction à Paris, et Nicolle a dû prêter à l’Institut Pasteur de Paris Burnet, sur qui il a nourri des illusions : cela « crève les yeux : jalousie profonde et égoïsme intellectuel »… L’I.P. de Paris étant « totalement stérile », il s’est adressé à Lyon pour un nouveau collaborateur… Il serait trop long de répondre sur la question des laboratoires de science pure et ceux de science appliquée…

─ 7 février. Il a remis ses brochures à Georges DUHAMEL, « un homme charmant et bon, exactement celui qu’il paraît dans ses livres. Il apporte à l’étude de tous les problèmes une grande sensibilité et le bon sens du médecin. Il me paraît dans la voie où s’engage la littérature de l’avenir ; car, les dieux détruits, seule l’étude de l’âme physique est capable de tenir leur place »… Il parle encore de ses collaborateurs, de sa fille Marcelle, et il promet l’envoi de sa nouvelle Le merveilleux concours d’Antonin Pieu…

─ 28 juin. Il expose ses prochains projets de séjour en France, et compte que la nouvelle année à Tunis sera l’antépénultième. « Nous avons inauguré il y a quelques jours un buste de Pasteur offert par souscription publique. J’y suis allé d’un discours. J’avais fait mieux ; j’avais mis la main sur la souscription, ce qui m’a permis de verser des verser des bourses supplémentaires à mes chefs de laboratoire. Ils ont ainsi 20.000F pour débuter »…

─ Florence 22 septembre. Le souvenir de son ami l’accompagne à Florence, qui n’a guère changé, mais il ne voit plus les choses comme autrefois : « Question d’âge, d’expérience de l’existence », rien ne lui paraît plus désirable avec la paix que l’amitié et le dévouement… Il livre ses impressions sur les Italiens, et aussi les fascistes, qui ont des postes dans toutes les administrations. « Des affiches vibrantes se succèdent sur les murs appelant la milice de l’ordre à des réunions obligatoires. Celui qui est convoqué est de fait dispensé de tout travail quel qu’il soit, les absents sont punis. Il ne semble pas que les communistes aient idée d’une résistance. L’Italie a failli sombrer dans le soviétisme ; toutes les forces de l’ordre (et de la réaction) veillent à ce que l’événement ne se reproduise pas »…


Lot judiciaire
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