Lot n° 46

[PLATON] - Du Contempnement de la mort. Le livre nommé l'Axiochus de Platon, du contempnement de la mort, en forme de dyalogue, et sont les introduitz Socrates, Clinias et Axiochus Paris, Denys Janot, [vers 1545]. ♦ CÉLÈBRE TEXTE QU'ÉTIENNE...

Estimation : 3 000 - 5 000 €
Adjudication : 6 266 €
Description
DOLET PUBLIA, DANS SA PROPRE TRADUCTION, DANS LE SECOND ENFER.
AVEC LE VERSET QUI CONDUISIT ÉTIENNE DOLET AU BÛCHER :
"CAR TU NE SERAS PLUS APRÈS LA MORT" (B4r).
TRÈS RARE : UN DES DEUX EXEMPLAIRES AUJOURD'HUI CONNUS, LE SEUL EN MAINS PRIVÉES.
♦ EXEMPLAIRE YEMENIZ PUIS FIRMIN-DIDOT.
Première édition de cette traduction.
In-12 (128 x 88mm).

Marque typographique sur la page de titre

─ COLLATION :
A-C4

─ RELIURE SIGNÉE DE BAUZONNET-TRAUTZ.
Maroquin bleu, filets à froid en encadrement, dos à nerfs, tranches dorées

─ RARETÉ :
Un seul exemplaire référencé dans les bibliothèques publiques, à la BnF (RES P-R-162)

─ PROVENANCE :
• Nicolas Yemeniz, Paris, 1867, n° 473 : "in-16 de 12 ff., mar. vert, fil., tr. dor. (Bauzonnet)" - • Ambroise Firmin- Didot (ex-libris ; Paris, 1879, n° 198)

Étienne Dolet publia l'Axiochus dans certaines des éditions du Second Enfer, toutes parues avec des variations en 1544.

Cette traduction anonyme de l'Axiochus diffère de celle d'Étienne Dolet et fut publiée un an après la sienne : "on peut la dater de 1545, année où mourut Janot, car elle ne figure pas au catalogue de ses livres que l'imprimeur publia vers 1544" (Longeon, introduction au Second Enfer).
→ Le catalogue Yemeniz se trompe quand il affirme que "ce petit ouvrage d'Estienne Dolet est la seconde édition de l'opuscule qui a servi de prétexte à sa condamnation". Selon les rédacteurs du catalogue de la BnF, elle est due à l'un des "platoniciens qui entouraient la reine de Navarre". On peut penser que ce court dialogue - parce qu'il valut à Dolet d'être condamné - connut un regain de publications dont celle-ci.

Avant Lucrèce, Platon avait formulé ce raisonnement d'une manière irréprochable : Ou tu es vivant, ou tu es mort. Si tu es vivant, rien à craindre de la mort, puisque, par définition même, tu possèdes la vie. Si, au contraire, tu es mort, tu ne seras plus là pour déplorer chose quelconque. On ne déplore que si l'on existe. Ce qui est privé d'existence ne peut se regretter, ni craindre, ni espérer. On sait que cette logique rigoureuse a coûté la vie au malheureux Étienne Dolet, notamment à cause de cette réplique de Socrate :
"après la mort, tu ne seras plus rien du tout".
Encore que Dolet ne fût que traducteur, on lui fit un crime capital d'avoir nié l'immortalité de l'âme.

Dans cette traduction postérieure à celle de Dolet, la formule a été adoucie en " tu ne seras plus après la mort".

RÉFÉRENCES :
USTC 73519 - Brunet IV, 703 qui n'a vu aucun exemplaire -
Étienne Dolet, Le Second Enfer, texte établi, introduit et commenté par Claude Longeon, Genève, 1978, p. 29 -
S. P. J. Rawles, Denis Janot, Parisian printer & bookseller, 1976, III, n° 324.
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